Intégration des élèves allophones grâce au dispositif UPE2A

par BARIOLADE Laurie, CALVEZ Lise, LUCAS Elise, MARCHAND Lucie

Qui sont les élèves allophones ? 

Aujourd’hui, en France, du fait de l’intense mondialisation subie ces dernières années; même dans les villages relativement isolés, on peut constater la présence de plus en plus d’élèves dont la langue maternelle n’est pas le français. Parmi ces élèves, nombreux sont ceux qui n’ont jamais fréquenté d’individus français auparavant, ni la langue française, à l’oral comme à l’écrit. Sachant que tout enfant a le droit (et l’obligation) d’être scolarisé, quels sont les moyens mis en place pour leur permettre d’accéder à la culture française ? Comment s’intègrent-ils dans les classes ?  Dans cet article, nous allons nous intéresser aux difficultés qui peuvent être rencontrées par les élèves, ainsi qu’aux modalités mises en place pour les intégrer dans le système scolaire français, et nous nous pencherons en particulier sur les classes UPE2A. 

L’académie de Rennes présente en vidéo les différentes modalités d’acueil pour les élèves allophones :

Tout d’abord, tâchons de définir ce qu’est une EPE2A:

Qu’est-ce qu’une UPE2A (Unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants) ? 

La loi d’orientation pour la refondation de l’école (2013) réaffirme, au sein du code de l’éducation,  la nécessité de rendre l’école inclusive pour tous les enfants et leur droit à une formation de qualité. Les élèves allophones font partie des élèves à besoins éducatifs particuliers pour lesquels l’école a l’obligation d’offrir des conditions d’enseignement adaptées. Elle doit également leur permettre de s’intégrer socialement, culturellement et, à terme, professionnellement. C’est pourquoi les EANA (élèves allophones nouvellement arrivés) sont inscrit dans la classe de leur âge tout en mettant en place des dispositifs d’accueil et de scolarisation. Il est recommandé à certains établissements, dont la mixité sociale est effective, de mettre en place des structures spécifiques de scolarisation pour les élèves allophones. Ces structures sont désignées par le terme générique UPE2A (unité pédagogique pour élèves allophones arrivants). Ces structures permettent une transition afin, qu’à terme, les élèves intègrent pleinement leur classe ordinaire. Il est possible de se référer au “guide pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés” du réseau canopé en suivant ce lien : 

https://www.reseau-canope.fr/notice/guide-pour-la-scolarisation-des-eleves-allophones-nouvellement-arrives-eana.html

Au sein de ces UPE2A, on rencontre des élèves aux profils très différents. Il est rare qu’ils soient originaires des mêmes pays, et leur situation familiale va jouer dans la facilité qu’ils pourront avoir à s’intégrer dans leur nouvel environnement.

Comment la situation familiale peut-elle impacter sur les apprentissages des élèves ?

Tout d’abord, les élèves allophones sont des élèves issus de familles pouvant avoir diverses nationalités, ce qui peut amener à avoir des classes où un nombre important de langues différant totalement les unes des autres sont parlées. (cf. Vidéo d’une classe où les enfants viennent d’une dizaine de pays différents, avec explications du processus créatif). Ces différentes langues peuvent également rendre l’apprentissage du français plus facile pour certains élèves, dont la langue maternelle a une syntaxe ou une prononciation similaire assez proche de la langue française, que pour ceux où les proximités linguistiques sont quasiment absentes. Un facteur comme la manière d’écrire (est-ce que l’alphabet latin est utilisé dans la langue maternelle des enfants) va avoir des conséquences importantes.

De plus, l’arrivée en France de ces élèves peut avoir des facteurs très divers. Alors que certains ont déménagé avec leur famille pour des raisons professionnelles, pour d’autres, les motifs peuvent être plus graves: échapper à une pauvreté sociale, ou même à la guerre, comme c’est le cas pour de nombreux enfants syriens.

Les parents, ou la famille plus généralement, peuvent également être soit d’une grande aide pour les élèves allophones, soit leur rendre la tâche plus difficile. Leur degré de facilité à user de la langue française varie beaucoup. Alors que certains d’entre eux ont une assez bonne maîtrise, d’autres partent avec des bases absolument nulles en français, et doivent, comme leur enfant, tout apprendre de zéro, avec, de façon générale, une difficulté plus importante. Certains parents, de par leur absence d’activité professionnelle, n’ont même jamais la possibilité de développer notre langue. L’enfant devient alors, par son apprentissage, leur seul moyen de communiquer avec l’extérieur. 

Se pose alors alors la question suivante : Comment s’assurer du lien entre les familles et l’école ?

Ces situations d’arrivée en France peuvent faire émerger plusieurs types d’élèves allophones ayant ou non des difficultés d’intégration et scolaires à leur arrivée dans les établissements scolaires français. En effet, les élèves venus suite à une volonté professionnelle des parents peuvent avoir été préparés par ces derniers à quitter leur pays d’origine et à devoir apprendre à parler et écrire une autre langue. Cela peut ainsi leur faciliter leurs nouveaux apprentissages. A contrario, les élèves arrivés pour échapper à la guerre ne sont généralement pas préparés à arriver dans un pays où la langue et la culture sont différentes. Cela peut ainsi amener ces élèves à vivre leur entrée dans une école française comme une épreuve supplémentaire à ce qu’ils ont déjà vécu, leur apportant du stress et de l’inquiétude en plus. De plus, pour ces élèves qui se sont réfugiés en France dans l’urgence, il est fréquent que leurs progrès en français soient supérieurs à ceux effectués par leurs parents. Ils peuvent alors être investis (et ce n’est pas la bonne méthode à suivre) d’une trop grande responsabilité, quand les enseignants se servent d’eux comme de traducteurs. Il ne faut pas les placer dans cette situation, car alors c’est d’une certaine manière l’autorité des parents qui est mise en cause. Il est donc conseillé, dans les cas où c’est possible, d’avoir un traducteur adulte, lorsque l’on veut, en tant que professeur, échanger avec la famille. Si cela n’est pas possible, on utilisera alors des outils de traduction. 

Pour répondre à un maximum de difficultés, de nouvelles modalités sont mises en place afin de scolariser les élèves qui s’inscrivent alors dans des UPE2A. Intéressons-nous maintenant à la manière dont se passent les inscriptions des élèves et les enseignements dans les classes UPE2A.

Afin d’inscrire son enfant dans ce type de classe, l’académie de Paris propose un lien permettant d’avoir des informations supplémentaires sur les différentes démarche à suivre :  https://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p2_1231431/l-inclusion-a-l-ecole-elementaire?cid=piapp1_64061&portal=piapp1_64052

Dans le premier degré, les élèves sont d’abord inscrits dans une classe ordinaire de leur âge pour leur permettre une meilleure intégration. A partir du CP, les élèves peuvent être regroupés dans des UPE2A pour y apprendre le français. Le temps passé dans cette unité est variable selon les élèves et dépend de leur niveau. Quand ils ne sont pas dans cette classe particulière, ils sont placés dans une classe ‘normale’ avec des locuteurs français. Ces unités permettent un suivi durable et personnalisé afin d’éviter le risque de décrochage scolaire.

Les modalités de suivi des élèves en UPE2A doivent figurer dans le projet d’école, elles sont donc discutées et décidées en équipe. La première année en UPE2A permet un apprentissage intensif de la langue (9h minimum par semaine), les années suivantes permettent un suivi et un accompagnement de l’élève dans ses apprentissages. Le français enseigné en UPE2A est le français comme langue de scolarisation, il permet aux élèves de pouvoir suivre les enseignements dispensés dans les classes et est enseigné en tant que discipline à part entière. Afin de permettre aux élèves de passer un maximum de temps en classe ordinaire, selon leur niveau, les UPE2A doivent s’adapter au parcours de chaque élève et proposer un emploi du temps flexible et adaptatif. Il n’y a pas de modèle unique de fonctionnement de ces unités mais elles doivent répondre aux critères énoncés ci-dessus et proposer également deux disciplines autres que le français : les mathématiques et une langue vivante étrangère de préférence. L’élève sera pleinement intégré dans la classe ordinaire à n’importe quel moment de l’année, dès qu’il sera prêt. Ainsi la scolarisation d’un élève dans une UPE2A nécessite un travail d’équipe entre l’enseignant de l’unité et celui de la classe ordinaire. 

Il est possible de retrouver des témoignages vidéos d’élèves et de personnels de l’éducation, en suivant ce lien : https://eduscol.education.fr/cid59114/ressources-pour-les-eana.html

En voici quelques extraits :

Des professionnels de l’éducation :

Mme Tanguy (assistante d’éducation) : Elle constate de grands progrès chez les élèves en UPE2A au niveau du langage et de la compréhension des cours. Elle constate également des évolutions au niveau du comportement et des résultats. Au fur et à mesure, les élèves communiquent plus entre eux, ainsi qu’avec les autres élèves.

Mme Gabry (formatrice au CASNAV : Centre Académique pour la Scolarisation des Nouveaux Arrivants et des enfants du Voyage) : Le bénéfice principal est la prise de conscience de l’altérité pour les élèves arrivants et les élèves des classes ordinaires. Les professeurs des classes ordinaires sont là pour accompagner l’élève dans son parcours d’apprentissage car l’acquisition d’une langue se fait sur 5 ans. Les élèves commencent par comprendre avant de s’exprimer : la connaissance de ce fait peut désangoisser les collègues de classes ordinaires. Les élèves allophones parlent souvent déjà plusieurs langues, et ont donc autant de façons de voir le monde. La présence des élèves allophones en classe ordinaire permet de se rendre compte de la diversité des langues et des cultures. Les professeurs peuvent susciter un travail avec tous les élèves en s’appuyant sur l’ensemble des langues parlées par les élèves de la classe pour permettre un élan vers une réflexion sur l’altérité.

Des élèves :

Ailton (6è arrivé en décembre) : Les cours se passent bien à la fois dans sa classe ordinaire où il suit les cours de technologie, anglais, musique et EPS, et dans l’UPE2A où il suit des cours de français et mathématiques. Il s’est senti bien accueilli dans sa classe ordinaire. Le fait d’être en UPE2A lui permet de s’appuyer sur les autres élèves, qui peuvent parfois parler sa langue, pour l’aider à bien comprendre. Il a déjà une idée du métier qu’il souhaite faire plus tard (sportif) et comprend l’importance des études dans la réussite professionnelle. Il a envie d’apprendre l’allemand.

Leandro (6è, arrivé l’année d’avant) : Il a fait partie du dispositif classe d’accueil pendant un an (ancien dispositif) et est maintenant en UPE2A et classe ordinaire. Il a donc plus de cours que l’année précédente et il a également plus d’amis. Il a envie d’apprendre le japonais. 

Sitographie

Ressources théoriques

Ressources juridiques

  • Article L111-1 du Code de l’Education
  • Article D122-3 du Code de l’Education
  • Socle Commun de Compétence, de Connaissance et de Culture

Ressources institutionnelles

Ex M1

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