Le PPRE : un outil efficace pour lutter contre les difficultés scolaires

L’institution scolaire a fait une promesse à tous ses élèves, celle d’assurer l’égalité des chances et la réussite de chacun. Toutefois,  l’hétérogénéité des élèves face à l’apprentissage pose de nombreux problèmes aux enseignants dans leur travail quotidien. Cette hétérogénéité peut être due à plusieurs facteurs tels que les caractéristiques personnelles de l’élève, les inégalités sociales subies par celui-ci,  son milieu familial,  sa relation avec les autres enfants,  son rapport vis-à-vis du maître ou encore, vis-à-vis de l’école elle-même.

Chaque enfant est différent dans sa manière d’appréhender son apprentissage.

Un enfant ne doit pas rester en difficulté ou en échec à l’école ou au collège. L’établissement doit s’adapter aux difficultés de chaque enfant en proposant des aménagements spécifiques et individualisés. Il doit trouver des outils et des stratégies de remédiation.

 

L’un de ces outils est la mise en place d’un PPRE.

Le P.P.R.E. (Programme Personnalisé de Réussite Éducative) créé par l’article 16 de la loi n° 2005-380 du 23 avril 2005,   est un des dispositifs d’aide qui doit obligatoirement être mis en place « à tout moment de la scolarité obligatoire, lorsqu’il apparaît qu’un élève risque de ne pas maîtriser les connaissances et les compétences indispensables à la fin d’un cycle », en collaboration avec les parents.

Il permet d’ organiser l’accompagnement pédagogique différencié de l’élève tout au long du cycle afin de lui permettre de surmonter les difficultés rencontrées et de progresser dans ses apprentissages.

Il doit permettre à l’équipe pédagogique d’ associer l’élève en difficulté et sa famille, à l’élaboration du parcours de réussite, et ainsi, de permettre à l’enfant de donner du sens à son action scolaire, d’en comprendre la finalité pour s’engager avec confiance dans les apprentissages.

Il a donc des objectifs pour chacun des acteurs :

 

 

  • Le PPRE est mis en place par le directeur de l’école à la demande de l’équipe pédagogique.
  • Il se concentre essentiellement sur le français et les mathématiques.
  • Il est obligatoire en cas de redoublement.

 

Les modalités d’organisation d’un PPRE

Tout d’abord, il faut repérer l’élève en difficulté

  • A  l’école lors des conseils de maîtres ou de cycle, et au collège lors des conseils de classe, par les échanges d’informations entre les enseignants. Ils permettent un premier recensement des élèves nécessitant un accompagnement particulier.
  • Lors de commissions instaurées dans le cadre du conseil école-collège pour favoriser la continuité des aides entreprises et en assurer toute l’efficacité
  • Tout au long de l’année, dès qu’un obstacle ou une problématique nouvelle semble freiner la progression.

Un PPRE ne s’élabore pas seul dans sa classe mais résulte d’un travail d’équipe. Il est rédigé par les enseignants en concertation avec la famille, l’enfant et les partenaires concernés. C’est en quelque sorte un contrat passé entre les acteurs pour la réussite de l’enfant. Ces acteurs se réunissent pour l’élaboration du PPRE qui sera signé par l’équipe pédagogique, les responsables légaux et l’enfant. Il faudra prévoir une nouvelle réunion à l’échéance du projet d’ une durée déterminée (au maximum la moitié d’un trimestre). L’équipe pédagogique, la famille et l’élève font alors un bilan en fonction des objectifs visés et décident d’une prolongation si nécessaire.

Dans le plan on retrouve :

  • La situation de l’élève au moment de la mise en œuvre du PPRE
  • Un résumé des attendus de fin de cycle qui concerne l’élève.
  • Les objectifs à court terme liés aux actions mises en œuvre dans le projet.
  • Une description de ces actions
  • Les modalités d’évaluation associées
  • Le calendrier des aides et des bilans intermédiaires
  • Les points de vue de la famille et de l’enfant

Cette phase de contractualisation va permettre de planifier le PPRE tout en clarifiant qui va intervenir, quand et par quelles démarches pédagogique et éducative (outils, méthodes). Pour garantir l’efficacité du PPRE il est nécessaire de recourir à des actions intensives mais courtes et de bien expliquer à l’élève le but de ces actions. Vous pouvez trouver un exemple de fiche méthodologique d’un PPRE ici.

La présence de l’élève lors de la rédaction du PPRE permet de faire comprendre la finalité et de faciliter l’engagement de celui-ci dans le travail demandé. L’enfant et l’ensemble des acteurs du PPRE ne doivent pas voir cet outil comme un constat d’échec, mais comme un souhait de réussite. L’implication de la famille dans le projet soutient le fait que les proches sont reconnus comme co-éducateurs, et, qu’ils participent également à la réussite de l’enfant à l’école.

 

Suivi du PPRE

Le programme personnalisé de réussite éducative possède une durée établie lors de sa mise en œuvre, mais il est important d’organiser des moments de bilan et d’ajustement au moins une fois par période. Cela va permettre de mieux cibler les actions et de faire un constat sur les éventuels progrès de l’élève. On pourra alors décider d’arrêter ou poursuivre le programme. La communication est au cœur du programme notamment pour connaître le ressenti de l’élève.

Les parents doivent également participer au PPRE dans le suivi à la maison, et la communication avec l’enfant. Ils sont des acteurs dans ce programme  au même titre que l’équipe pédagogique.

Il est recommandé d’utiliser un document spécifique au programme pour rendre compte des progrès et difficultés, il peut servir de passerelle entre enseignant et parent hors des réunions. Ce document de liaison doit mettre en avant les réussites de l’élève et permet un suivi par écrit de l’évolution de l’élève, il pourra être utilisé au moment du bilan comme indice de progression et témoin de progression.

Si l’élève atteint les objectifs fixés lors de l’élaboration du programme, il convient de poursuivre les actions jusqu’au bout pour consolider les résultats observés. Le bilan final déterminera la réussite ou non du programme, les acteurs prendront une décision en conséquence. Si l’élève n’a pas atteint les objectifs il est préférable de d’abord insister sur les réussites puis de revoir les actions à entreprendre. Les acteurs peuvent alors choisir de poursuivre les actions déjà en place ou les réajuster pour mieux correspondre aux besoins de l’enfant à la vue des résultats observés. C’est pourquoi l’utilisation d’un document de liaison et d’une grille d’évaluation spécifique sont importants, ils permettent de mieux rendre compte à l’ensemble des acteurs du programme, même pour l’élève.

 

D’autres dispositifs peuvent être mis en place pour pallier des troubles ou difficultés spécifiques.

 

Le P.P.S (Projet Personnel de Scolarisation)

Ce projet, relève de la M.D.P.H (Maison Départementale des Personnes Handicapées) est destiné aux enfants pour lesquels la C.D.A.P.H (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) a signalé une compensation suite à un handicap avéré.

Le P.P.S précise :

  • L’orientation scolaire de l’enfant concerné (classe ordinaire, Ulis…)
  • L’organisation de la scolarisation (nécessité d’une prise en charge extérieure pendant la classe, d’accompagnement par un AESH Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap …)
  • Les aménagements pédagogiques, qui peuvent être sous forme d’allègement des cours et des évaluations…
  • La possibilité d’avoir un matériel de travail adapté…

Le rôle de l’équipe éducative est de finaliser le document “GEVA-sco 1ère demande” , ce document sera transmis par le directeur de l’école à l’ERH (Enseignant Référent Handicap) ainsi qu’à la famille de l’élève concerné. Les parents peuvent ensuite s’informer auprès de l’ERH attribué au secteur de l’école. (La présence de l’ERH dans l’équipe éducative n’est pas obligatoire). Enfin le PPS sera élaboré par l’EPE (Équipe Pluridisciplinaire d’Évaluation), composée de différents professionnels de l’éducation et de la santé, et envoyé à la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) qui prendra les décisions finales relatives au parcours éducatif sur la base du PPS.

La mise en œuvre du PPS est assurée par les équipes de suivi de scolarisation, composées des parents, enseignants, psychologues scolaires et de ceux qui entourent l’enfant. Ces équipes se réunissent au minimum une fois par an, leurs réunions sont dirigées et organisées par l’ERH.

 

le PAP (Projet d’Accompagnement Personnalisé)

Ce dispositif interne aux établissements concerne les élèves ayant des difficultés scolaires durables à cause de différents troubles des apprentissages.

La mise en place d’un PAP permet :

  • L’aménagement de la scolarisation (prise en charge extérieur sur le temps scolaire)
  • Des allègements pédagogiques (Polycopiés, adaptations des évaluations…)
  • Utiliser du matériel informatique en classe est possible si nécessaire.

Pour mettre en place le PAP, l’équipe pédagogique commence par proposer des aménagements pour pallier aux difficultés de l’élève. Un examen et un bilan sont ensuite réalisés par le médecin scolaire, ce dernier va rendre un avis sur la pertinence du PAP proposé par l’équipe enseignante. Pour finir, le PAP est formalisé sur un document unique en associant les parents et le personnel concerné.

Dans le premier degré, ce sont les enseignants responsables de la classe de l’enfant qui s’occupent de sa mise en œuvre. Dans le second degré, le professeur principal prend un rôle de coordinateur.

 

le PAI (Projet d’Accueil Individualisé)

Ce dispositif, comme le PAP, est interne aux établissements. Il concerne les élèves atteints de problèmes de santé (allergies, maladies chroniques, intolérances alimentaires…).

Il permet de prévoir, pour les élèves concernés, des traitements médicaux ou de régimes spécifiques. Dans le PAI, on explique comment l’équipe éducative assurera le suivi scolaire si l’élève concerné est hospitalisé ou ne peut aller en classe pour une raison médicale.

Pour obtenir un PAI, la famille ou le directeur d’établissement (après consultation de la famille) doit formuler une demande, en se basant sur les consignes des ordonnances signées par le médecin traitant de l’enfant et en concertation avec le médecin scolaire de l’établissement. Ce dernier s’occupe de la rédaction du PAI qu’il fait signer par le directeur de l’école, par la famille ainsi que par toutes les personnes concernées par l’application de ce PAI qui seront tenues du secret professionnel.

La bonne application du PAI est dirigée et contrôlée par le médecin scolaire et le directeur de l’établissement.

 

Quentin Audouze – Guillaume Bresson – Charles Kolb

Quentin Audouze

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