Un syndrome dysexécutif, kezako ?

Sad tired frustrated boy sitting at the table with many books and holding help sign. Learning difficulties, education concept.

“Au cours de sa carrière, un enseignant a déjà rencontré ou rencontrera un élève dit “DYS”. En effet, on estime que dans une classe d’âge, la prévalence est de 8%.” Quelques troubles dys sont très courants dans les classes : la dyslexie, la dyscalculie, la dyspraxie. Certains sont, en revanche, moins fréquents, faisant que les enseignants n’en ont parfois pas connaissance. Parmi eux, on trouve le syndrome dysexécutif. (Soyez, F. (2016.18.02). Dys : « les troubles ne sont pas assez connus des profs », Vousnousils, Site internet e-mag de l’éducation « Vousnousils » (consulté le 23.02.2012 à 15h15).

Le terme de syndrome dysexécutif est utilisé lorsque ce sont les voies de connexions qui sont touchées par des lésions entre le lobe frontal et les autres parties du cerveau. Ainsi, les syndromes dysexécutifs étant nombreux et très différents les uns des autres, cet article se concentrera sur l’un d’entre eux : le syndrome dysmnésique.

“Si toi aussi tu aussi tu es dysmnésique comme Dory, cet article est fait pour toi !”

Qui ne s’est jamais demandé ce que ce poisson pouvait avoir comme syndrome ? Nous avons réussi à trouver une réponse et à poser un mot sur une maladie qui touche un grand nombre de personnes dans le monde mais qui reste encore au stade de la recherche puisque la découverte de cette maladie est très récente.

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Qu’est-ce que c’est ? 

Au même titre que les autres DYS, mais moins connue, cette maladie est un trouble neurodéveloppemental des fonctions exécutives qui préserve tout de même les capacités intellectuelles. Elle touche les adultes et les enfants.

C’est une amnésie partielle, portant sur la mémoire épisodique ou la mémoire sémantique. Trois éléments sont à bien différencier : “[La mémoire explicite concerne les souvenirs accessibles à la conscience, la mémoire épisodique concerne notre vie personnelle, nos souvenirs autobiographiques et la mémoire sémantique correspond la connaissance, la culture, le savoir]” (Gueguen, C., & Ansembourg, T. D. (2014). Pour une enfance heureuse (Réponses) (French Edition, p.133). Robert Laffont.). Généralement, ce trouble est acquis et apparaît à la suite d’un traumatisme crânien ou de lésions focales. Même si l’on peut y voir quelques ressemblances avec la maladie d’Alzheimer, il faut bien comprendre que ce sont deux maladies différentes. Pour avoir plus d’informations sur la différence majeure entre la maladie d’Alzheimer et un trouble DYS, l’expert psychologue, Judith Mollard nous répond : Alzheimer et Troubles de la mémoire (Consultée le 22.02.2012 à 10h40).

Mais scientifiquement, quelle en est l’origine ?

Les fonctions exécutives ont un rôle central d’adaptation volontaire à des situations nouvelles, complexes ou imprévues.

Or, si une personne est atteinte du syndrome dysmnésique par exemple, qui est donc un dysfonctionnement exécutif, l’administrateur central de la mémoire de travail ne fonctionne pas correctement. L’intégrité fonctionnelle de celui-ci repose principalement sur des aires du lobe frontal. Plus particulièrement, l’aire responsable de la planification des actions est l’aire 6 de la classification de Brodmann : le cortex prémoteur.

La définition de Lobe cérébralLobe frontal — Wikipédia

Lobe frontal (Consultée le 23.02.2021 à 14h50)

Cortex (à l’intérieur du lobe frontal) (Consultée le 23.02.2021 à 14h55)

Il est détecté par plusieurs tests, notamment par ceux de la Tour d’Hanoï ou de Londres. Il s’agit pour ces deux tests de planifier des actions pour transposer une tour sur un autre piquet (Cf. image ci-dessous). Ces tests permettent alors de détecter des troubles de la planification dans le temps et/ou l’espace, de l’organisation et des fonctions exécutives.

Les tours de Hanoï, plus qu'un jeu d'enfants | Pour la Science

Vous pouvez également tester votre habilité en ligne grâce au mini jeu en ligne : Tour Hanoi.

Quels moyens sont mis en place, notamment à l’école ?

La Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 porte sur le handicap et se concentre sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Elle a apporté des modifications dans le code de l’Éducation, notamment dans l’article L111. Dès lors, apparaissent les termes de “besoins particuliers”. La loi du handicap vient aussi s’inscrire dans ce code avec l’article L111-2 qui stipule que “le service public de l’éducation assure une formation scolaire […], aux enfants […] présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant.” Il est complété par l’affirmation que l’État se doit de mettre en place les moyens humains et matériels nécessaires à la bonne scolarisation de ces enfants.

De par différents plans d’actions, l’école se veut donc inclusive et tente de progresser en ce sens. Elle est introduite le 8 juillet 2013 par la Loi de Refondation de l’École. Elle statue que “le service public reconnaît que tous les enfants partagent la capacité d’apprendre et de progresser. Il veille à l’inclusion scolaire de tous les enfants, sans distinction”. Ces élèves entrent ou peuvent entrer dans la catégorie des « Élèves à BEP (Besoins Éducatifs Particuliers) ». Dans ce cas, des aménagements peuvent être proposés.

inclusion, schéma | Inclusion scolaire, Psychoéducation, Besoins particuliers

Schéma sur les différents types d’intégration (Consulté le 23.02.2021 à 15h00)

Quelques pistes d’adaptations pédagogiques pour le syndrome dysmnésique : 

Ces pistes d’adaptation sont déjà pratiquées pour d’autres syndromes dysexécutifs de manière générale. Plus largement, elles peuvent être mises en place pour tous les élèves en fonction de leurs besoins. Quelques conseils aux enseignants (Consultée le 22.02.2021 à 11h00).

  1. Travailler la confiance de l’élève en renforçant les aspects positifs de ce dernier ou de ses actions (travailler avec des fiches rituelles, le responsabiliser).
  2. Aménager, adapter le temps de travail dans un environnement épuré, permettant à l’élève de se concentrer sur une seule tâche à la fois.
  3. Donner des consignes courtes, étape par étape et répéter les mots-clefs. Détourner les difficultés des consignes en les rendant fonctionnelles et adaptées (donner diverses astuces comme modifier le support visuel, ne pas donner de double-tâches etc.).
  4. Donner le plan du cours, de la journée, de la tâche etc. à l’élève pour qu’il puisse se repérer dans son avancée.
  5. Aller du plus complexe au plus facile, que ce soit lors d’activités ou lors d’évaluations, pour que l’élève puisse faire un maximum de tâches et qu’il puisse garder un rythme de travail régulier, semblable à celui de ses camarades. De cette manière, l’élève ne perd pas trop de temps.
  6. Pratiquer la neuro-éducation en développant les connaissances des élèves sur le fonctionnement du cerveau et chacune de ses composantes et enseigner explicitement les stratégies liées au temps, à l’efficacité…
  7. Aider l’élève à se faire sa propre réflexion, capter son attention au maximum.
  8. Faire apprendre à l’élève par la pratique et pas seulement par la théorie (le faire jouer, le faire pratiquer du sport, visiter des lieux pédagogiquement intéressants …).
  9. Faire attention à son bien-être (que ce soit à l’école ou à la maison).
  10. Ne pas hésiter à travailler en collaboration avec la famille et les spécialistes afin que l’adaptation de l’élève se fasse au mieux et de manière de plus en plus efficace sur le plus ou moins long terme.

Tous ces aménagements pédagogiques entrent ou peuvent entrer dans des cadres de PAP (Projet d’Accompagnement Personnalisé), PPRE (Programme personnalisé de réussite éducative), PPS (Projet personnalisé de Scolarisation)…

Ils sont conçus entre écoles et professionnels de santé comme la M.D.P.H (Maison Départementale des Personnes Handicapées) afin de répondre au mieux aux attentes des élèves et de leurs besoins éducatifs particuliers.

AEFE | Aménagements pédagogiques (PAI, PPRE, PAP, PPS)

Quel plan pour qui ?

Comment en parler ?

  1. Sensibiliser les camarades de classe en faisant parler l’élève concerné s’il accepte.
  2. Faire intervenir des professionnels de santé en classe dans le cadre des sciences par exemple (lors d’une séquence sur le fonctionnement du corps humain ou du cerveau par exemple).
  3. Se renseigner à partir de documentaires, de vidéos… déjà existants.

 

Pour conclure cet article, le syndrome dysmnésique est un trouble complexe, toujours étudié par de nombreux chercheurs et scientifiques aujourd’hui mais qui peut être pris en charge et par les parents et par les équipes éducatives puisqu’il fait partie des syndromes dysexécutifs au même titre que les dyslexies, dysorthographies etc. Avec de la volonté et de la patience, vous (parents ou enseignants) pouvez contribuer à améliorer la qualité de vie de ces enfants touchés par cette maladie et leur permettre une meilleure inclusion à la fois scolaire et sociétale !

 

Camille Moyemont, Maelenn André, Emma Perny

maelenn.andre

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