28 février 2021

La dyslexie

Les Troubles SpĂ©cifiques du Langage et des Apprentissages (TSLA) (Ă©galement nommĂ©s les troubles « dys ») comprennent les troubles dĂ©ficitaires de l’attention (avec ou sans hyperactivitĂ©) (TDA/H) ainsi que la dyspraxie, la dyscalculie, la dysgraphie, la dysorthographie, la dysgraphie, dysphasie et la dyslexie. C’est Ă  ce dernier que nous allons nous intĂ©resser.

 

Mais, c’est quoi 

Les difficultés d’un dyslexique peuvent se traduire par une grande lenteur à identifier les mots écrits, une incapacité à apprendre les correspondances entre graphèmes et phonèmes, des omissions de lettres dans les mots, ainsi qu’une impossibilité à mémoriser l’orthographe de mots irréguliers. 

 

Combien d’Ă©lèves sont concernĂ©s ?

En France, on compte 4 Ă  5% des Ă©lèves d’une classe d’âge qui sont dyslexiques. Cela correspond Ă  environ un Ă©lève sur une classe de 25 Ă©lèves. 


La prise en compte de la dyslexie à l’école

C’est seulement après un bilan orthophonique effectuĂ© avec un orthophoniste que quelqu’un peut ĂŞtre dĂ©clarĂ© dyslexique.

 

Les signes au quotidien : 

L’enfant dyslexique éprouve souvent des difficultés à s’organiser et à gérer son temps, ces difficultés peuvent lui causer des problèmes tant à l’école qu’à la maison.

Pour cela, nous (enseignants et parents) pouvons lui fournir des clés : 

  • donner des repères de temps (au niveau d’un exercice, au niveau de la semaine…)
  • Ă©laborer des cartes mentales afin d’effectuer des liens
  • favoriser l’estime de soi : Ă©viter les comparaisons, fixer des objectifs rĂ©alisables…
Qu’est ce que c’est et d’oĂą ça vient ?

CE N’EST PAS

             

C’EST

                                    
  • Un retard intellectuel
  • Une pathologie
  • un trouble neurologique
  • Une scolarisation inadĂ©quate
  • Un manque de motivation
  • Un problème moteur
  • Une pathologie de l’apprentissage du traitement de l’écrit
  • Une forte surcharge cognitive pendant le processus

En 2017, une étude (Le Floch & Ropars, 2017)  aurait trouvé une origine de la dyslexie. Les “taches de Maxwell”, sont des taches composées de récepteurs de lumière et sont naturellement présentes dans chaque œil. Elles sont asymétriques chez une personne non dyslexique. Ainsi, lorsque l’on regarde une lettre (par exemple, un “b”), notre œil “dominant” va parfaitement l’imprimer dans une partie de votre cerveau, tandis qu’une image inversée fantôme (un “d”), provenant de notre deuxième œil, sera stockée dans une autre partie. Mais le cerveau ne tiendra pas compte de cette lettre fantôme. 

Chez les personnes dyslexiques, un manque d’asymĂ©trie de la tache de Maxwell a Ă©tĂ© observĂ©. Leur cerveau s’appuie alors successivement sur les deux visions, induisant une confusion et affectant leurs capacitĂ©s de lecture.

Durant l’enfance, au cours de la maturation du système nerveux, l’asymĂ©trie est renforcĂ©e et  est progressivement transfĂ©rĂ©e au cerveau. Ce n’est qu’à partir de 8 ans que la dominance oculaire de l’enfant est stabilisĂ©e, entraĂ®nant une diminution des erreurs d’inversion du miroir. 

Ainsi, les confusions durant l’apprentissage de la lecture, par exemple entre les lettres b et d, ne seraient pas un signe probant de dyslexie.

 

Ce que voit un dyslexique  :

Animation du site aidodys permettant de visualiser ce que voit une personne dyslexique.

Il est important, lorsque l’on demande à un élève dyslexique de résoudre un problème mathématique par exemple, de prendre en considération les difficultés de lecture et donc de compréhension qu’il va rencontrer. 

Pour cela, nous vous proposons un petit problème qui vous permettra de vous apercevoir de l’effort de lecture que fait un élève dyslexique : 

 

“Lait clace demad a meu li a naet demon si eu rmeni et vomvi si télé chat audeux lal oireux. Ili a 52 él et veux. Lek où tot alé de 780 €, d’on 180€ pou rletr en spo renb us. Ile pa ceu ne nu it su rpla se ki kou te 8 € part et l’aive. Con bi unres te ti lep our leu rès te dés akti vy thé ?” 

Avez-vous trouvé facilement la réponse ? Non ? 

Si vous avez encore quelques difficultĂ©s sur le dĂ©chiffrage de certains mots, l’Ă©noncĂ© adaptĂ© Ă  la dyslexie est disponible en fin d’article ! 

 

Même si les personnes dyslexiques ne voient pas exactement comme cela, cet exercice permet de visualiser les difficultés auxquelles elles peuvent faire face. 

 

Cette vidĂ©o, issue de la mĂ©thode de Davis, peut vous aider à  en comprendre davantage sur les diffĂ©rences de raisonnement d’une personne dyslexique :

 

Comment l’enseignant peut remĂ©dier Ă  ces difficultĂ©s ? 

Les principaux acteurs aidant les personnes dyslexiques sont les orthophonistes. Ils les accompagnent dans l’élaboration d’une stratĂ©gie de rĂ©Ă©ducation, d’amĂ©nagement, ou de contournement par rapport Ă  l’écrit. Mais l’enseignant doit aussi ĂŞtre un des acteurs aidant. 

Il existe une offre Ă©ditoriale importante souvent rĂ©digĂ©e par des orthophonistes proposant aux parents et enseignants des mĂ©thodes, des exercices d’aide Ă  l’apprentissage pour leurs enfants, des lectures adaptĂ©es… 

  • Aidodys (application permettant l’adaptation de textes, en lien avec le ministère de l’éducation nationale)
  • “L’enfant et l’oiseau” de Katia Wolek et Anne Sorin

L'enfant et l'oiseau

Les remédiations pouvant être utilisées dans le quotidien sont l’attribution d’outils informatiques (ordinateur…) voire l’attribution d’un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) seulement si la dyslexie est combinée avec d’autres troubles dys.

 

Voici des écritures pouvant aider ces élèves : 

Les polices comme Arial, Tahoma, Comic Sans, Verdana, la Century Gothic, la Myriad Pro et la Trebuchet MS,  (Têtue, 2015) qui peuvent aider mais ne sont pas encore parfaites car leurs tracés sont réguliers et ne limitent donc pas les confusion p/q et b/d. Il existe également des polices créées pour les personnes dyslexiques comme OpenDyslexic (qui ne sont pas toujours efficaces).

 

Une écriture plus lisible pour les personnes dyslexiques est une écriture qui a : 

  • une asymĂ©trie des lettres (notamment p/q et b/d)
  • une distinction du l et du I (vous ne voyez pas de diffĂ©rences, la difficultĂ© est lĂ  : il y a le “L” minuscule et le “i” majuscule)
  • un espace suffisant entre les lettres afin d’éviter les confusions (entre “rn” et “m” par exemple)
  • un texte non-justifiĂ© (si le texte est justifiĂ©, cela rend difficile la gestion des cĂ©sures)

Mais surtout, les élèves dyslexiques ont davantage besoin d’une macrotypographie adaptée, c’est à dire la mise en page : marge, espace, espaces interlignes, regrouper, aérer… 

Il faut évidemment éviter toutes les polices exotiques demandant un déchiffrage plus important. 

 

L’enseignant doit prendre en compte ces diffĂ©rents aspects afin d’aider au mieux les Ă©lèves en : 

  • RĂ©digeant de manière plus lisible les exercices : 
Énoncé adapté à la dyslexie

Les adaptations graphiques sont à modifier en fonction des élèves et de leurs difficultés.

  • Lisant les consignes afin de permettre une première comprĂ©hension.
  • Enregistrant des consignes (et exercices) sur un support mp3.
Pour aller plus loin :

Vous pouvez vous renseigner sur la méthode Davis :

Celle-ci s’appuie sur la pensée en image et la créativité d’une personne dyslexique pour lui donner des outils permettant de : 

contrôler son attention et ses désorientations, maîtriser les symboles responsables des confusions grâce à des modelages en trois dimensions et utiliser son mode de pensée pour aborder les apprentissages.

L’auteur de cette mĂ©thode a Ă©galement rĂ©digĂ© un livre, Le don de dyslexie (Ronald D.Davis) qui propose un vision positive de la dyslexie ! 

 

Ou encore faire une lecture du compte rendu de l’étude réalisée par les deux chercheurs Rennais, Albert Le Floch et Guy Ropars sur une origine anatomique de la dyslexie : 

 

Et enfin, accessible Ă  tous, petits et grands, le visionnage de C’est pas sorcier – Les troubles dys.

 

Si vous avez des questions, n’hĂ©sitez pas Ă  nous laisser un commentaire ! Nous y rĂ©pondrons avec plaisir.

Une réflexion sur « La dyslexie »

  1. Merci beaucoup pour votre prĂ©sentation de la mĂ©thode Davis, approche permettant d’accompagner et aider les personnes dyslexiques dans le respect de leur forme de pensĂ©e et avec beaucoup de bienveillance.
    Je suis praticienne de la mĂ©thode Davis et propriĂ©taire du site dyslexie-et-dys.com vers lequel un lien est fait lorsque l’on clique sur « Vous pouvez vous renseigner sur la mĂ©thode Davis » dans votre article. Serait-il possible de renvoyer vers le site officiel de la mĂ©thode Davis en France « dyslexie-tda-dyscalculie.eu » pour que l’information accessible soit plus complète que celle figurant sur mon site ? Je n’ai pas trouvĂ© d’adresse de contact pour votre blog afin de vous faire cette demande. Avec mes remerciements.

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