La dyslexie

Les Troubles Spécifiques du Langage et des Apprentissages (TSLA) (également nommés les troubles « dys ») comprennent les troubles déficitaires de l’attention (avec ou sans hyperactivité) (TDA/H) ainsi que la dyspraxie, la dyscalculie, la dysgraphie, la dysorthographie, la dysgraphie, dysphasie et la dyslexie. C’est à ce dernier que nous allons nous intéresser.

 

Mais, c’est quoi 

Les difficultés d’un dyslexique peuvent se traduire par une grande lenteur à identifier les mots écrits, une incapacité à apprendre les correspondances entre graphèmes et phonèmes, des omissions de lettres dans les mots, ainsi qu’une impossibilité à mémoriser l’orthographe de mots irréguliers. 

 

Combien d’élèves sont concernés ?

En France, on compte 4 à 5% des élèves d’une classe d’âge qui sont dyslexiques. Cela correspond à environ un élève sur une classe de 25 élèves. 


La prise en compte de la dyslexie à l’école

C’est seulement après un bilan orthophonique effectué avec un orthophoniste que quelqu’un peut être déclaré dyslexique.

 

Les signes au quotidien : 

L’enfant dyslexique éprouve souvent des difficultés à s’organiser et à gérer son temps, ces difficultés peuvent lui causer des problèmes tant à l’école qu’à la maison.

Pour cela, nous (enseignants et parents) pouvons lui fournir des clés : 

  • donner des repères de temps (au niveau d’un exercice, au niveau de la semaine…)
  • élaborer des cartes mentales afin d’effectuer des liens
  • favoriser l’estime de soi : éviter les comparaisons, fixer des objectifs réalisables…
Qu’est ce que c’est et d’où ça vient ?

CE N’EST PAS

             

C’EST

                                    
  • Un retard intellectuel
  • Une pathologie
  • un trouble neurologique
  • Une scolarisation inadéquate
  • Un manque de motivation
  • Un problème moteur
  • Une pathologie de l’apprentissage du traitement de l’écrit
  • Une forte surcharge cognitive pendant le processus

En 2017, une étude (Le Floch & Ropars, 2017)  aurait trouvé une origine de la dyslexie. Les “taches de Maxwell”, sont des taches composées de récepteurs de lumière et sont naturellement présentes dans chaque œil. Elles sont asymétriques chez une personne non dyslexique. Ainsi, lorsque l’on regarde une lettre (par exemple, un “b”), notre œil “dominant” va parfaitement l’imprimer dans une partie de votre cerveau, tandis qu’une image inversée fantôme (un “d”), provenant de notre deuxième œil, sera stockée dans une autre partie. Mais le cerveau ne tiendra pas compte de cette lettre fantôme. 

Chez les personnes dyslexiques, un manque d’asymétrie de la tache de Maxwell a été observé. Leur cerveau s’appuie alors successivement sur les deux visions, induisant une confusion et affectant leurs capacités de lecture.

Durant l’enfance, au cours de la maturation du système nerveux, l’asymétrie est renforcée et  est progressivement transférée au cerveau. Ce n’est qu’à partir de 8 ans que la dominance oculaire de l’enfant est stabilisée, entraînant une diminution des erreurs d’inversion du miroir. 

Ainsi, les confusions durant l’apprentissage de la lecture, par exemple entre les lettres b et d, ne seraient pas un signe probant de dyslexie.

 

Ce que voit un dyslexique  :

Animation du site aidodys permettant de visualiser ce que voit une personne dyslexique.

Il est important, lorsque l’on demande à un élève dyslexique de résoudre un problème mathématique par exemple, de prendre en considération les difficultés de lecture et donc de compréhension qu’il va rencontrer. 

Pour cela, nous vous proposons un petit problème qui vous permettra de vous apercevoir de l’effort de lecture que fait un élève dyslexique : 

 

“Lait clace demad a meu li a naet demon si eu rmeni et vomvi si télé chat audeux lal oireux. Ili a 52 él et veux. Lek où tot alé de 780 , d’on 180 pou rletr en spo renb us. Ile pa ceu ne nu it su rpla se ki kou te 8 part et l’aive. Con bi unres te ti lep our leu rès te dés akti vy thé ?” 

Avez-vous trouvé facilement la réponse ? Non ? 

Si vous avez encore quelques difficultés sur le déchiffrage de certains mots, l’énoncé adapté à la dyslexie est disponible en fin d’article ! 

 

Même si les personnes dyslexiques ne voient pas exactement comme cela, cet exercice permet de visualiser les difficultés auxquelles elles peuvent faire face. 

 

Cette vidéo, issue de la méthode de Davis, peut vous aider à  en comprendre davantage sur les différences de raisonnement d’une personne dyslexique :

 

Comment l’enseignant peut remédier à ces difficultés ? 

Les principaux acteurs aidant les personnes dyslexiques sont les orthophonistes. Ils les accompagnent dans l’élaboration d’une stratégie de rééducation, d’aménagement, ou de contournement par rapport à l’écrit. Mais l’enseignant doit aussi être un des acteurs aidant. 

Il existe une offre éditoriale importante souvent rédigée par des orthophonistes proposant aux parents et enseignants des méthodes, des exercices d’aide à l’apprentissage pour leurs enfants, des lectures adaptées… 

  • Aidodys (application permettant l’adaptation de textes, en lien avec le ministère de l’éducation nationale)
  • “L’enfant et l’oiseau” de Katia Wolek et Anne Sorin

L'enfant et l'oiseau

Les remédiations pouvant être utilisées dans le quotidien sont l’attribution d’outils informatiques (ordinateur…) voire l’attribution d’un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) seulement si la dyslexie est combinée avec d’autres troubles dys.

 

Voici des écritures pouvant aider ces élèves : 

Les polices comme Arial, Tahoma, Comic Sans, Verdana, la Century Gothic, la Myriad Pro et la Trebuchet MS,  (Têtue, 2015) qui peuvent aider mais ne sont pas encore parfaites car leurs tracés sont réguliers et ne limitent donc pas les confusion p/q et b/d. Il existe également des polices créées pour les personnes dyslexiques comme OpenDyslexic (qui ne sont pas toujours efficaces).

 

Une écriture plus lisible pour les personnes dyslexiques est une écriture qui a : 

  • une asymétrie des lettres (notamment p/q et b/d)
  • une distinction du l et du I (vous ne voyez pas de différences, la difficulté est là : il y a le “L” minuscule et le “i” majuscule)
  • un espace suffisant entre les lettres afin d’éviter les confusions (entre “rn” et “m” par exemple)
  • un texte non-justifié (si le texte est justifié, cela rend difficile la gestion des césures)

Mais surtout, les élèves dyslexiques ont davantage besoin d’une macrotypographie adaptée, c’est à dire la mise en page : marge, espace, espaces interlignes, regrouper, aérer… 

Il faut évidemment éviter toutes les polices exotiques demandant un déchiffrage plus important. 

 

L’enseignant doit prendre en compte ces différents aspects afin d’aider au mieux les élèves en : 

  • Rédigeant de manière plus lisible les exercices : 
Énoncé adapté à la dyslexie

Les adaptations graphiques sont à modifier en fonction des élèves et de leurs difficultés.

  • Lisant les consignes afin de permettre une première compréhension.
  • Enregistrant des consignes (et exercices) sur un support mp3.
Pour aller plus loin :

Vous pouvez vous renseigner sur la méthode Davis :

Celle-ci s’appuie sur la pensée en image et la créativité d’une personne dyslexique pour lui donner des outils permettant de : 

contrôler son attention et ses désorientations, maîtriser les symboles responsables des confusions grâce à des modelages en trois dimensions et utiliser son mode de pensée pour aborder les apprentissages.

L’auteur de cette méthode a également rédigé un livre, Le don de dyslexie (Ronald D.Davis) qui propose un vision positive de la dyslexie ! 

 

Ou encore faire une lecture du compte rendu de l’étude réalisée par les deux chercheurs Rennais, Albert Le Floch et Guy Ropars sur une origine anatomique de la dyslexie

 

Et enfin, accessible à tous, petits et grands, le visionnage de C’est pas sorcier – Les troubles dys.

 

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire ! Nous y répondrons avec plaisir.

Ex M1

One thought on “La dyslexie

  1. Merci beaucoup pour votre présentation de la méthode Davis, approche permettant d’accompagner et aider les personnes dyslexiques dans le respect de leur forme de pensée et avec beaucoup de bienveillance.
    Je suis praticienne de la méthode Davis et propriétaire du site dyslexie-et-dys.com vers lequel un lien est fait lorsque l’on clique sur « Vous pouvez vous renseigner sur la méthode Davis » dans votre article. Serait-il possible de renvoyer vers le site officiel de la méthode Davis en France « dyslexie-tda-dyscalculie.eu » pour que l’information accessible soit plus complète que celle figurant sur mon site ? Je n’ai pas trouvé d’adresse de contact pour votre blog afin de vous faire cette demande. Avec mes remerciements.

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