28 février 2021

LA CLASSE INVERSÉE : quel impact sur les apprentissages ?

Définition de la classe inversée

Approche pédagogique qui inverse le rôle traditionnel des apprentissages.

  • 1ère étape : à la maison : la partie institutionnelle, notionnelle est assimilée individuellement par les élèves via différents supports (capsule vidéo, diaporama, papier…), en général il s’agit de ressources en ligne que les élèves vont regarder chez eux à la place des devoirs.
  • 2ème étape : à l’école : exercices  d’entraînements en classe pour mettre en pratique la notion vue à la maison.

D’où l’idée de classe inversée : “les cours à la maison, les devoirs en classe”.

Le concept de la classe inversée a été brièvement populaire dès les années 1920 et mis sur le devant de la scène en 1968 avec Benjamin Bloom. En 1997, l’américain Eric Mazur (physicien et enseignant) optimise le concept de la classe inversée en y ajoutant le modèle de l’instruction par les pairs. Cette pédagogie est très répandue aux Etats-Unis.

https://www.reseau-canope.fr/notice/vous-avez-une-minute-pour-comprendre-la-classe-inversee.html

Pourquoi mettre en place la classe inversée?

La classe inversée a pour but de faire à la maison, en autonomie, les activités de bas niveau cognitif pour privilégier en classe le travail collaboratif et les tâches d’apprentissage de haut niveau cognitif, notamment en passant par des travaux de groupe dans lesquels les élèves sont actifs de leurs apprentissages. 

L’objectif étant de recentrer l’apprentissage autour de l’élève, en lui donnant les moyens d’être plus autonome. 

Le rôle traditionnel de l’enseignant est modifié : ce dernier n’est plus le sachant qui déverse son savoir, mais devient un véritable guide d’apprentissage. Il passe du face-à-face au côte-à-côte, permettant ainsi la mise en place d’une coconstruction des savoirs. Cela permet un apprentissages plus en profondeur et qui reste sur le long terme. 

C’est passer du “face à face” au “côte à côte”. La classe inversée interroge le modèle transmissif pour aller davantage vers une approche socio constructiviste qui rend l’élève actif de ses apprentissages en le mettant en situation de production

Quels bénéfices?

https://www.editions-hatier.fr/coin-pedago-la-classe-inversee

Limites

  • Organisation de travail : Cette méthode demande de l’anticipation et beaucoup de temps pour l’enseignant qui doit préparer les supports d’apprentissages (capsules vidéo) à l’avance. La classe inversée demande à l’enseignant de réinterroger l’ensemble de son enseignement, toutefois cela peut être mis en place progressivement.
  • Et les inégalités? Afin d’éviter les inégalités l’enseignant doit prévoir des supports adaptés aux familles qui n’ont pas accès à internet, ou qui n’ont pas d’ordinateur par exemple. Il est possible par exemple de mettre à disposition à l’école un ordinateur aux familles sur des créneaux horaires particuliers, il est possible également d’utiliser le support papier et non l’outil numérique.

Dans une étude expérimentale de 2015, des chercheurs américains et brésiliens relativisent l’impact de l’inversion du cours. Ces chercheurs ont comparé deux groupes qui suivaient un cours de biologie, le premier en format classe inversée, le second en format plus traditionnel.

Aucune différence en termes de résultats ou de motivation n’a pu être relevée entre les deux situations d’apprentissage. Selon ces universitaires, les bénéfices souvent attribués à la classe inversée seraient en réalité le fruit de la pédagogie active qui accompagne la classe inversée. Et il est possible de faire de la pédagogie active sans recourir à la classe inversée.

Vincent Faillet dans « La pédagogie inversée : recherche sur la pratique de la classe inversée au lycée » en 2014 présente des résultats mitigés : les élèves les plus en difficulté progressent grâce au dispositif de classe inversée tandis que les « bons » élèves ont tendance à voir leur progression ralentir.

6 réflexions sur « LA CLASSE INVERSÉE : quel impact sur les apprentissages ? »

  1. Bonjour
    Comment l’enseignant peut il s’assurer qu’il y a bien assimilation lors du travail maison ? Ne s’agit il pas plutôt d’initiation, l’assimilation venant après le travail complémentaire en classe ?
    Toujours sur le travail maison, est-il possible d’envisager d’autres formes de messages que des capsules vidéo ?
    Enfin, quelles déclinaisons possibles pour le premier degré ? Est-ce adaptable à la maternelle ?
    Merci d’avance pour vos éclairages.
    Pierre Yves Jouan

    1. Bonjour,
      L’enseignant peut s’assurer dans un premier temps si il y a compréhension ou non lors de la phase en classe puisqu’il pourra vérifier si les élèves sont en mesure de mettre en application, au travers des exercices, la notion vue la veille à la maison. Le cas échéant, il peut donc apporter une aide aux élèves en difficulté et ainsi permettre la compréhension et l’initiation qui selon nous tendent ensuite vers l’assimilation. De plus, il est possible en effet d’envisager autre chose que les capsules vidéos, certains enseignants utilisent une clé USB ou parfois encore le support papier, toutefois la capsule vidéo est le support le plus utilisé. La classe inversée est pratiquée en école élémentaire, certains enseignants la pratiquent ponctuellement, d’autres totalement. Elle nécessite une grande préparation en amont de la part de l’enseignant, et notamment en terme de communication aux familles qui ne connaissent pas forcément le dispositif, l’enseignant devra s’interroger sur la pertinence d’un tel dispositif face à l’accès à l’outil informatique et internet dans les familles. Enfin, la classe inversée ne nous parait pas pertinente en maternelle, d’autant plus que les élèves n’ont pas de travail à la maison le soir à cet âge. En espérant avoir répondu à vos questions.

    1. Bonjour,
      D’après l’article L111-1 du code de la propriété intellectuelle, une œuvre a des droits d’auteur. Lorsque l’on diffuse une œuvre, on doit donc faire attention que l’auteur soit consentant à la divulgation de son projet. Cependant, il existe une exception pour l’enseignement dans le cadre de l’accord sectoriel. Ce cadre permet aux enseignants d’intégrer des extraits d’œuvres dans leurs cours dans une certaine limite comme la définition de l’image (400×400 pixels), la résolution (72 DPI) pour les images et une limite de temps pour les œuvres cinématographiques (un extrait de 6 minutes ou 15% de l’extrait total s’il est diffusé en « morceaux » ). Malgré cette dérogation pour les enseignants, la diffusion doit être limitée aux élèves.
      Votre question étant très pertinente, nous allons améliorer notre article en mettant un point législation.

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