Initier la co-éducation avec les familles d’enfants allophones

Dans cet article, il s’agit de s’interroger sur la co-éducation des parents des enfants allophones et des institutions scolaires  ainsi que leur implication dans la vie scolaire de leurs enfants à travers la collaboration avec différents partenaires, institutionnels ou associatifs.

Nous nous intéresserons aux différents dispositifs permettant limplication des parents allophones dans la vie scolaire de leurs enfants.

___Si besoin, une vidéo explicative sur l’identité et la prise en charge des enfants allophones dans l’école :

La barrière de la langue, de la culture et des valeurs de la république française peuvent être un véritable frein en ce qui concerne la relation établie entre l’établissement scolaire et la famille de l’enfant. Il existe aujourd’hui différents dispositifs mis en œuvre pour favoriser l’implication des parents dans la vie scolaire de leurs enfants.

Des documents établis …

____Dans un premier temps, le CASNAV (centres académiques pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs), a  élaboré un document traduit en une multitude de langue décrivant aux familles les dispositions administratives, les conditions de scolarisation et les procédures d’inscription. Ce document précise qu’ils bénéficient des mêmes droits que les parents d’origine Française en ce qui concerne la participation à la vie scolaire de leurs enfants. Il est alors du devoir de l’institution scolaire de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour permettre aux parents l’accès à la vie scolaire, la scolarité de leur enfant, facteur indispensable de sa réussite.

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Du côté des lois …

____La circulaire n° 2008-102 du 25 juillet 2008 et la circulaire n° 2017-060 du 3 avril 2017 décrivent un dispositif nommé OEPRE (ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants !). Ce dispositif vise à inculquer aux parents d’enfants allophones la connaissance de la langue française, des valeurs de la république et du fonctionnement de l’école en France et ses attentes concernant l’implication des parents dans la scolarité de leurs enfants. Ce dispositif propose des formations au sein d’écoles, de collèges ou de lycées aménagées de façon à pouvoir accueillir le plus grand nombre de parents.

Des avantages grâce aux associations …

____Ensuite, il existe des associations visant à la mise en relation des parents avec des interprètes afin de faciliter la communication entre les parents et l’établissement.
Dans certaines académies, comme celle de Grenoble, les rencontres mensuelles du « Petit Café » ont été particulièrement bénéfiques. Ce concept vise à réunir en un même lieu un espace dédié aux enfants, mais aussi aux parents. On y trouve un pôle information et ressources en parentalité mais aussi divers ateliers et activités comme des expositions, des goûters d’anniversaire. Ce lieu est un lieu privilégié afin de créer un espace ou les familles peuvent tisser des liens avec les acteurs du monde de l’enfance.

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Des mises en place dans des écoles ...

____D’autre part, le projet d’enseignantes du primaire de l’Académie de Strasbourg a été porté par une motivation similaire : intégrer les parents dans une démarche de co-éducation. Elles ont invité les parents à intervenir dans la classe pour parler aux enfants de leur culture et apprendre quelques mots de leur langue. Mariette Feltin en fait un documentaire intitulé « Raconte-moi ta langue ».

Extrait de Mariette Feltin et de son projet « Raconte-moi ta langue »

Ces différents dispositifs ayant pour objectif une co-éducation entre l’école et les parents sont autant d’aides mises en place pour inciter les parents à s’impliquer dans la vie scolaire de leurs enfants.

Certaines limites sont cependant présentes …

En effet, tous les dispositifs mis en œuvre afin de faciliter l’accueil des parents d’enfants allophones, comportent des limites.

Par exemple, le dispositif « ouvrir l’école aux parents pour la réussite des élèves » est uniquement réservé aux parents originaires d’un pays extérieur à l’Union Européenne. Cela pose donc la question de ce qui est possible pour les familles qui proviennent d’un pays faisant partie de l’Union Européenne mais ne partageant pas les mêmes valeurs ni les mêmes codes que la France. Il est vrai que le degré de maîtrise des codes est un facteur important dans l’implication des parents dans la scolarisation des enfants, mais pour autant, il ne faut pas stigmatiser ces enfants. Il convient de ne pas systématiquement associer les difficultés des parents avec l’échec scolaire de leurs enfants.

Par ailleurs, la plupart des dispositifs qui sont supposés favoriser l’implication scolaire, ne peuvent fonctionner que parce que les parents concernés sont déjà impliqués. C’est d’ailleurs la logique d’un dispositif qui repose sur le « volontariat » des parents. On peut donc se demander à quels besoins ces dispositifs sont supposés répondre.

Ensuite, en ce qui concerne les dispositifs destinés à freiner la barrière de la langue, il est difficile de trouver des interprètes dans certains endroits. Les enfants jouent alors souvent un rôle de médiation entre les enseignants et les parents, souvent mal vécu par les enseignants. En effet, les enfants se retrouvent à poser des questions dont ils ne devraient pas avoir la charge. Selon certaines études sociologiques, à cause de cela, on assiste à une déparentalisation de certains parents dont les enfants assument certaines fonctions. L’enfant apparaît donc en tant que modèle de socialisation devait faire office de référence. Cela implique donc directement l’enfant et pas nécessairement de façon positive. Il peut alors arriver que le message souhaité soit un peu déformé ou présenté de manière différente avec ou contre le gré de l’enfant.

En ce qui concerne les réunions de parents d’élèves, elles ne font pas l’unanimité auprès des parents de certaines familles. Selon certains de ces parents, elles ne sont pas forcément bénéfiques au dialogue parents-école. Certaines familles craignent aussi qu’une sollicitation extrascolaire sous forme d’entretien puisse porter préjudice à leur enfants, à cause du temps supplémentaire que l’enseignant doit lui accorder. Pour ces parents-là, il est plus facile d’essayer de trouver des actions qui puissent être faites de façon anonyme . (Montandon et Perrenoud, 1994, page 190) Enfin, Il paraît évident que la communication entre ces deux acteurs de la vie de l’enfant sera un facteur essentiel pour sa réussite scolaire. (Dubet, 2006 et Paris, 2013).

Exemple d’une enseignante recevant des parents allophones racontant leur inclusion dans l’école.

Et maintenant Questions pour une co-education !

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