L’inclusion des EANA

Selon la définition donnée sur education.gouv.fr, un allophone est un « apprenant qui, à l’origine, parle une autre langue que celle du système éducatif qu’il fréquente et du pays d’accueil ». Il est déclaré Nouvellement Arrivé s’il n’était pas « scolarisé en France l’année précédente ». Le terme désigne tous les mineurs soit accompagnant leurs parents pour raison de mutation, d’asile politique ou de rapprochement familial, soit isolés. Arrivant dans un système éducatif dont ils ne parlent pas la langue, ils doivent faire face à de nombreuses difficultés : acquisition de la langue et des codes culturels et scolaires, intégration dans un groupe d’élèves.

Dans un Avis de 2018, l’Assemblée Nationale rappelle que la scolarisation de tous les enfants est une obligation internationale (au nom du Droit d’accès à l’éducation). De plus, elle y voit un double bénéfice. D’une part, cette inclusion permet aux EANA de progresser plus rapidement en français et donc de pallier certaines difficultés. D’autre part, les élèves non EANA s’ouvrent à une diversité culturelle et linguistique.

Ils étaient 64350 pour l’année scolaire 2017-2018 sur un total d’environ 14 millions d’élèves tous niveaux confondus. Les EANA représentent donc 0,5% des élèves scolarisés en France. Ce pourcentage paraît infime au niveau numéral mais représente l’éducation de milliers d’enfants et l’implication de nombreux acteurs présentés ci-dessous. On peut donc se questionner quant aux dispositifs mis en place pour intégrer ces élèves là, au même titre que leurs camarades.

Les différents dispositifs d’accueil

  • Le CASNAV

Les CASNAV sont les centres académiques pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés (EANA) et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs (EFIV). Ces centres “apportent leurs conseils et leurs expertise pédagogique aux différents acteurs concernés par la scolarisation des élèves”. Le CASNAV intervient donc aussi bien auprès des élèves, que de leurs familles, ou des enseignants. Il s’agit à la fois d’un pôle d’expertise, d’une instance de coopération et de médiation et d’un centre de ressource et de formation.

Concrètement, il informe, diffuse des documents pédagogiques ou d’autres ressources et facilite l’accueil et la prise en charge des élèves dont la maîtrise du français et les connaissances antérieurs peuvent être variées. Sa priorité est la maîtrise de la langue française et des apprentissages scolaires, dans le cadre de l’accès de tous au socle commun, qui implique la scolarisation de tous les élèves et une scolarité épanouie.

A l’arrivée des EANA sur le territoire français, un temps d’accueil et d’évaluation est prévu. Ce temps permet de prendre connaissance du parcours antérieur de l’enfant, et de ses acquis scolaires, et langagiers. Dans le premier degré, cet accueil se fait au sein de l’école. L’objectif est:

– de comprendre la situation et les besoins éducatifs de l’enfant;

– d’évaluer ses compétences déjà acquises et son niveau de langue française (s’il a déjà des connaissances);

– de faciliter la compréhension du fonctionnement du système éducatif français par les parents.

Afin d’être scolarisé dans le premier degré, une évaluation de l’enfant est menée et en fonction des résultats obtenus, le conseil de cycle de l’école peut alors déterminer sa classe d’accueil, et établir un emploi du temps aménagé pour une scolarisation partielle en UPE2A.

  • Le dispositif UPE2A

L’UPE2A désigne l’unité pédagogique pour élèves allophones arrivants. Dès leur arrivée en France, et conformément à l’article L111-1 du code de l’éducation, les enfants nouvellement arrivés doivent être scolarisés, au même titre que tout enfant résidant sur le territoire français

.Après avoir été évalués par le CASNAV, les élèves allophones sont inscrits dans une classe ordinaire qui correspond à leurs acquis scolaire et à leur âge. On veille à ce moment à ce qu’il n’y ait pas plus de 2 ans d’écart entre l’élève EANA et le reste de la classe, afin de favoriser l’intégration de l’élève. En parallèle, les élèves EANA sont également inscrits en classe dite UPE2A pour y suivre un enseignement approfondi du français auprès d’un enseignant ayant obtenu une certification complémentaire en français langue seconde (FLS). C’est l’équipe pédagogique qui décide du temps passé au sein de ce dispositif, pour une prise en charge d’un an maximum, renouvelable une fois dans le cas d’une première scolarisation.

Lorsque l’école dispose d’une classe UPE2A, l’enseignement se fait dans ses locaux. En revanche, si l’école ne dispose pas d’espace dédié à l’UPE2A alors l’enseignant spécialisé se rend sur place, il est alors dit “enseignant itinérant”.

Si l’élève a été scolarisé dans son pays d’origine, alors son emploi du temps se partage entre classe ordinaire et UPE2A. Si il s’agit d’une première scolarisation, il est à temps plein en UPE2A, même s’il peut occasionnellement intégrer la classe ordinaire, pour des activités ou l’usage du français n’est pas indispensable.

L’objectif de ce dispositif est bien entendu de fournir aux élèves le soutien linguistique et les codes culturels nécessaires à une intégration effective au sein du groupe classe, pour une scolarisation complète en classe ordinaire. Une bonne collaboration entre l’enseignant de l’UPE2A et celui de la classe ordinaire est donc nécessaire à ce processus.

  • Dans une classe « ordinaire »

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