Les réseaux sociaux et leurs dangers : prévention et leviers

A l’heure actuelle, les réseaux sociaux prennent une place importante dans la société. Chez les personnes de 12 à 24 ans, ils occupent une place prédominante dans leur journée. Il est nécessaire d’informer les plus jeunes sur l’utilisation des réseaux sociaux et du numérique en général. En effet, derrière un écran se cachent de grands dangers.

Les dangers

« Le danger que l’on pressent mais que l’on ne voit pas, est celui qui trouble le plus. »

Jules César

L’utilisation des outils numériques présente de nombreux avantages qui peuvent devenir néfastes s’ils ne sont pas utilisés avec une certaine prudence et des mesures de sécurité.

Tout d’abord, il faut user de ces outils avec parcimonie. Un des risques du numérique chez les enfants (tout comme chez les adultes) est d’en faire un usage trop important. Conséquences possibles sur le métabolisme de l’enfant : une diminution du temps de sommeil ou de l’activité physique. Des cas plus graves peuvent se développer, comme l’anorexie chez les adolescents, qui ont le désir de ressembler à leurs modèles croisés sur le net. Ils peuvent aussi développer des problèmes musculo-squelettiques du fait de mauvaises positions tenues devant les écrans.

De plus, l’utilisation des réseaux sociaux peut engendrer des conséquences indésirables pour les personnes mal informées.

Premièrement, des problèmes créés par les élèves eux-mêmes. Certains peuvent avoir l’envie de nuire à des camarades. Ainsi, leurs victimes se retrouvent cyberharcelées. Des images ou des propos les concernant sont diffusés à leur insu. Pour la victime, cette nouvelle manière d’être harcelée a pour inconvénient de se faire sur les réseaux, et est donc opaque (dans une certaine mesure) pour les adultes de son entourage. De plus, certains peuvent envoyer des messages de diffamation, action qui peut paraître anodine étant donné la simplicité de la réaliser.

Deuxièmement, il arrive que des enfants dialoguent sur Internet. Ils pensent le faire avec des enfants du même âge et participant aux mêmes activités qu’eux sur le net. Mais ils peuvent se retrouver à discuter avec des adultes malintentionnés. Il est donc indispensable pour ces jeunes d’avoir conscience que ce danger existe et donc de rester prudent. Notamment en ne dévoilant pas trop de détails personnels ou de photos.

Troisièmement, toutes sortes d’informations circulent sur le net. Tout et son contraire peuvent être écrits dans deux articles différents. Ces informations proviennent de sources plus ou moins sûres. Il est donc nécessaire de trier ce qu’on lit afin de déceler le vrai du faux. Les « fake news » sont diffusées à partir de sites plus ou moins sûrs, mais aussi de journaux parodiques, comme Le Gorafi, inspiré du Figaro. Ces derniers détournent des faits d’actualité, avec un côté humoristique ou ironique; il faut donc savoir s’en détacher afin de se rendre compte de l’inexactitude de l’information proposée.

Internet regorge donc de menaces. Celles-ci peuvent provoquer un déséquilibre psychologique et/ou un danger physique chez nos plus jeunes ; d’où la nécessité d’en faire la prévention.

Coéducation : le rôle des parents

L’utilisation des réseaux sociaux se fait majoritairement en dehors de l’école, c’est pourquoi il est important de mettre en place une coéducation avec les parents sur ce sujet pour qu’il y ait une cohérence entre la maison et l’école. Le principe de coéducation met l’accent sur le rôle de chacune des personnes qui entourent un enfant dans le processus éducatif (parents, enseignants…). La coéducation est une manière interactive et collective de favoriser la socialisation de l’enfant : (extrait du lexique du site universcience.fr) elle est basée sur l’information et l’échange entre les parents et les enseignants.

Le rôle de l’enseignant est alors de soutenir les parents pour les aider à accompagner la scolarité de leur enfant. Car la coéducation a de nombreux avantages, elle participe à la réussite des élèves notamment grâce à la construction de références communes entre l’école et le domicile, elle favorise la confiance mutuelle entre les différents acteurs de la scolarité de l’élève et permet à l’enfant de se sentir protégé et soutenu. Pour que cette coéducation soit efficace, il faut que les parents eux-mêmes soient sensibilisés au sujet.

En effet, un article publié le 12 février 2020 sur educnum.fr pose la question de la responsabilité des parents face à la publication de photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux, car ce sont eux qui sont responsables de leur droit à l’image jusqu’à leur majorité. Or, une étude du Gece de 2018 pour faireparterie.fr indique que 59 % des parents ont déjà publié des photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux, et que 36 % en ont déjà utilisé une comme photo de profil. Cependant, cette même étude montre que 97% des parents ont instauré des règles sur l’utilisation des écrans, ce qui atteste un intérêt des parents à encadrer l’utilisation du numérique.

Pour autant, les parents ont-ils conscience des risques présents sur les réseaux sociaux ?

Le rôle de la prévention à l’école

De plus en plus d’écoles primaires utilisent les réseaux sociaux en classe. Mais avant de lancer les élèves devant les écrans, l’enseignant doit obligatoirement prévenir des risques et des dangers de leur utilisation.

Pour ce faire, l’enseignant peut s’appuyer sur les ressources gouvernementales en utilisant affiches ou vidéos des sites « Action innocence » ou encore « Non au harcèlement » par exemple, qui ciblent certaines de leurs campagnes de prévention sur le cyberharcèlement. Dans le monde, 246 millions d’enfants sont victimes de cyberharcèlement, selon l’UNESCO en 2017. En France, 22% des jeunes assurent en avoir été victimes.

Campagne de prévention contre le cyberharcèlement

Comme on peut le voir dans la vidéo suivante, les enfants ont accès de plus en plus tôt aux nouvelles technologies. Nombreux sont les élèves de primaire à posséder un téléphone, une tablette ou un ordinateur à la maison. Avec ces objets, ils ont un accès à Internet et aux réseaux sociaux, sans forcément un contrôle des parents. De nombreux cas de cyberharcèlement à travers les réseaux sociaux se présentent chaque année, avec des parents complétement dépassés par le phénomène. C’est donc un des rôles de l’enseignant, lors de l’utilisation des réseaux sociaux en classe, de prévenir de ces dangers. En plus des sites gouvernementaux, il doit rappeler la loi et les sanctions encourues lors de non-respect des droits de chacun (droit d’auteur, droit à l’image, droit de l’image, droit au respect de la vie privée, droit à la non-discrimination…).

https://www.youtube.com/watch?v=6SlD5kKiBFg

Pour cela, le site éducatif Vinz et Lou propose de nombreuses ressources vidéos et quizz sur lesquelles l’enseignant peut s’appuyer.

L’EMI (Education aux Médias et à l’Information)

Une autre manière de mettre en place un enseignement concernant les réseaux sociaux et leur utilisation est de faire de l’EMI avec les élèves.

Mais à quoi ça sert l’EMI ?

L’EMI est une éducation citoyenne aux médias. Elle permet notamment de donner les clés aux élèves pour avoir une lecture critique et distanciée de ce qu’on retrouve dans les médias. Elle permet aussi la compréhension et l’usage de ces derniers par tous les élèves et les enseignants qui sont lecteurs mais aussi diffuseurs de contenus.

On apprend aussi aux élèves à rechercher des informations vérifiées, à faire attention aux sources et aux contenus que l’on trouve sur Internet, à communiquer via ces médias.

Qu’est-ce qu’on entend par médias ?

Les médias ne regroupent pas uniquement les journaux papiers et numériques. Les chaînes télévisées, Internet, les réseaux sociaux sont aussi des médias. Cependant, les réseaux sociaux tels qu’on l’entend (Facebook, Twitter, Instagram…) ne sont pas les seuls utilisés quotidiennement. On l’oublie souvent mais YouTube est aussi un réseau social. Ce dernier étant d’une grande richesse, il est souvent utilisé à l’école. Toutefois, il est toujours exploité dans un contexte bien précis avec un encadrement de l’enseignant.

Comment mettre en place l’EMI à l’école ?

Dans le programme de l’Ecole de la Confiance, il est écrit que « les programmes et les cursus d’enseignement voient la part de l’éducation aux médias et à l’information renforcée, permettant par exemple d’appréhender la question du rôle des réseaux sociaux en matière d’information. » On remarque que les réseaux sociaux prennent de plus en plus d’ampleur dans les cursus scolaires car ils sont aujourd’hui omniprésents. Il est préconisé d’utiliser ces médias au quotidien afin de construire des savoirs avec les élèves en utilisant un environnement de la vie quotidienne.

Un exemple d’activité à faire en classe : tous les jours, analyser la Une d’un journal et une page de réseaux sociaux pour faire la différence entre des informations vérifiées et des fake news.

Les réseaux sociaux en lien avec les parcours Santé et Citoyen

On peut relier l’utilisation des réseaux sociaux à deux des quatre parcours proposés par l’Éducation nationale.

  • Parcours Citoyen et parcours Santé, c’est quoi exactement ?

Ces différents parcours éducatifs permettent un suivi des élèves dans leur travail sur la citoyenneté et sur la santé ; un travail pour lesquels ils sont eux-mêmes acteurs. Ces parcours prennent appui sur les programmes, les compétences et les connaissances attendues tout au long du cursus des élèves. Afin d’encourager au mieux les élèves dans leurs apprentissages et dans leur orientation.

Le parcours Citoyen : De l’école au lycée, le parcours Citoyen vise à la construction, par l’élève, d’un jugement moral et civique, à l’acquisition d’un esprit critique et d’une culture de l’engagement. Ces compétences sont construites à travers diverses activités pédagogiques telles que la recherche d’informations ou l’exposition d’un point de vue, d’une opinion dans le respect de chacun.

Le parcours Santé : De la maternelle au lycée, le parcours éducatif de santé agit pour la protection de la santé des élèves, notamment par des activités éducatives liées à la prévention de conduites à risques mises en place dans les enseignements. Il s’agit alors de mieux comprendre son corps pour respecter sa propre santé et celle des autres.

  • Vice-versa : relation bilatérale entre parcours éducatifs et réseaux sociaux

Les compétences associées à ces parcours éducatifs peuvent être instructives et enrichissantes quant à l’usage des réseaux sociaux. Ils peuvent évoluer les uns avec les autres en se renvoyant la balle. Les réseaux sociaux peuvent, ainsi, se révéler être de très bons supports de travail et d’activités lorsqu’il s’agit, par exemple, d’exposer et de construire son opinion par rapport aux médias et à l’information. En retour, le rôle du parcours Citoyen sera de réguler l’usage des réseaux sociaux en veillant au respect de soi-même et des autres.

À travers le parcours Santé, on pourra apporter les ressources et les connaissances nécessaires quant aux possibles effets des réseaux sociaux sur la santé et sur le corps (l’étude menée par la Royal Society for Public Health (RSPH) en 2017 rend compte de l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale). La question du cyberharcèlement pourrait aussi être traitée dans ce cadre. Tout cela peut notamment passer par des propositions d’activités diverses, des simulations ou encore par des rencontres avec certains acteurs professionnels (de la santé, des NTIC).

  • Des ressources et des activités à mettre en place !

Des activités de groupes au cœur des réseaux sociaux :

-Projet photo poésie, défi alphabet, twictée, tague son, etc. Autant d’activités déjà mises en place dans les classes dans différentes disciplines et participant à la construction du jugement et de l’engagement. Ces activités dévoilent un franc succès aussi bien auprès des élèves que des enseignants. Cliquez et découvrez-les ici !

N’hésitez pas à nous contacter en laissant un commentaire si vous avez des questions !

Gaël BRIAND, Clémence CHERRUAU, Nolwenn DINE et Victoire HEBERT

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