Pussy par Collignon-courtin Ethel

Pussy par Collignon-courtin Ethel

Je vous raconterai l’histoire de Pussy, un chat pas si ordinaire.
A l’heure où tous les chats sont gris, Pussy, lui, restait blanc, immaculément blanc. Imaginez alors les conséquences ! Ses tentatives répétées de chasser les souris, une fois la nuit tombée, demeuraient toutes vaines. Telle une étoile incandescente, il s’aventurait dans les rues, alertant sur son passage toutes les petites proies potentielles de sa venue. Quel échec !
Pendant les longues soirées d’hiver, où tous les chats se lovent sur un coussin velouté au coin de la cheminée, Pussy, lui, restait couché sur les dalles froides de l’entrée. Vous vous demandez pourquoi donc ? Quelle étrangeté ! Notre chat souffre d’une intolérance à la chaleur. Une exposition même furtive provoque en lui une manifestation allergique rare consistant en l’éclosion de pustules sur l’ensemble de son corps. Quel malheur !
Au moment des repas, où tout chat normalement constitué se précipite sur les jambes de sa maîtresse pour s’y frotter, Pussy lui s’y refusait. Il n’a besoin de personne, il reste à distance.
C’est ainsi qu’un après-midi d’automne, il décide de partir à l’aventure, vers de meilleurs cieux. Au détour d’une rue, il croise Aldebert le Boxer. C’est un fugueur qui a encore échappé à la vigilance de ses maîtres. Une de ses activités favorites est de courser les chats qu’il rencontre. Alors évidemment là, l’aubaine ! Il se met en position de sprint dans les starting block,  » à vos marques » … Il n’ira pas plus loin, Pussy lui réplique un feulement glacial qui le pétrifie sur place. « Pff même pas peur » et Pussy poursuit son chemin. Il fait beau et les oiseaux chantent dans le parc, mais à l’approche de notre matou-cachet d’aspirine, silence total, rien ne bouge. Pussy est las, désespéré et décide de se nicher sous un banc du parc. Son oreille est alors attirée par le son d’une musique entrainante qui provient d’un kiosque à l’orée du bois. Les Aristochats se mettent en place pour leur performance en plein air hebdomadaire. Pussy s’approche, étrangement attiré par le rythme ternaire bien rond que produit le big band. A sa surprise, ses congénères musiciens ne fuient pas, n’interrompent pas leur musique. Au contraire, ils l’accueillent avec un large sourire moustachu et lui proposent de souffler quelques notes dans une petite trompette. Pussy connait un peu la musique, enfin…sa musique c’était de faire grincer ses griffes sur les verres en crystal pour faire enrager sa maîtresse. Mais là, sur l’air de « Summertime », un miracle se produit. Son souffle se réchauffe au contact de l’instrument cuivré. Un frémissement parcourt son échine et son poil prend une teinte légèrement rousse. Il va passer avec ses nouveaux amis musiciens un puis des moments formidables.
Depuis cette rencontre, il n’est plus le même. D’accord, il est devenu un peu trop fier de lui. Mais quel plaisir de l’avoir à mes cotés, à ronronner, sa patte posée sur ma feuille alors que je termine le récit de cette histoire.

Paul et la bête sauvage par Lena Marques Ferreira

Paul et la bête sauvage par

Lena Marques Ferreira

C’était un village comme il en existe tant dans les forêts bretonnes, où chaque animal se côtoyait sans se causer d’ennuis.

Il y avait dans ce village un poussin très téméraire nommé Paul qui rêvait de devenir dresseur de fauves. Tous les jours, il lisait le même unique livre qui décrivait comment dresser des bêtes sauvages. Paul, qui était encore très jeune, n’en avait à ce jour jamais vu une seule. Il imaginait toujours les aventures incroyables qui lui arriveraient s’il quittait son village pour aller à la rencontre des merveilles qui pouvaient se trouver de l’autre coté de la forêt. Il parlait de ce projet du matin au soir. C’était d’autant plus frustrant que dans ce village, personne n’était jamais impressionné par ses exploits rêvés.

 

Paul avait un ami qui s’appelait Gus. Gus était un lapin à l’air nonchalant qui semblait toujours déçu de tout. Le grand rêve de Gus était en réalité de passer ses journées à manger des crêpes aux chamallows tout en jouant aux cartes. Mais comme il n’en parlait jamais, personne n’en savait rien.

 

Un jour qu’il avait plu tellement fort que toutes les maisons du village s’étaient ratatinées, une étrange créature fit son apparition. En la voyant, Paul n’eut aucun doute : de couleur orange, munie de crocs luisants, grosse comme un char d’assaut, c’était forcément un fauve ! D’ailleurs, ce fauve-là avait revêtu un casque de défense extrêmement sophistiqué. Pas de doute : il venait attaquer le village ! Paul jubila d’excitation, et sans hésiter plus longtemps, il sauta sur le dos de la bête. A son grand étonnement, la créature ne réagit pas. D’ailleurs, elle ne bougea pas d’un pouce.

– Hue ! fit Paul.

 

Il passa une corde autour du cou de sa victime et lui intima d’avancer. La créature dû se résoudre à se traîner sur quelques centimètres, laissant une longue trace luisante à l’arrière de son unique pied. Paul ne se formalisa pas de cette lenteur accablante, et c’est au bout de trente minutes qu’il fit son entrée triomphale dans la ville.

 

Les villageois le regardèrent sans rien dire. Personne ne réagit. Paul s’exclama :

 

– Vous avez-vu ? Je suis le plus grand dresseur de fauve de toute la forêt !

 

Il y eut un silence, puis chacun cessa de lui prêter attention. Alors Paul fit avancer sa monture jusqu’à Gus, qui mangeait une pomme d’amour. Cela prit une bonne vingtaine de minutes supplémentaires.

 

– Tu as vu ? Répéta-t-il. Je suis le plus grand dresseur de fauves de toute la forêt !

 

Gus termina sa bouchée, se tourna vers son ami et lui répondit :

 

– Ce n’est pas un fauve, c’est un escargot.

 

Paul écarquilla les yeux. A vrai dire, il n’avait jamais entendu parler de cet animal. Penaud, il descendit de sa monture. L’escargot n’eut aucune réaction.

 

– Et si on allait chez toi manger des crêpes aux chamallows ? Proposa-t-il d’une toute petite voix.

 

Gus garda son éternel air nonchalant, mais une petit lueur brilla dans ses yeux. Il accepta d’un hochement de tête.

 Quant à l’escargot, il continua sa route et personne ne le revit jamais.

 

Mauvais poil par Wladimir

Mauvais poil    par Wladimir

    Depuis ce matin, tout va mal ! Rien que des emmerdes … J’étais censé livrer une quarante-cinquaine de poussins à mon ami Hubert, et Hubert, il est pas du genre à te pardonner le péché originel. J’avais pas l’droit d’me louper sur ce coup … sous peine de me retrouver dans un avion direction Caracas.

Ça a commencé par un accident de bananes, j’aurais pu m’en douter. J’ai toujours dit que les fruits savaient pas conduire ! Toujours est-il que j’ai dû attendre un satané quart d’heure l’arrivée de la dépanneuse. Même que des chats avaient déjà commencé à éplucher la tôle, rien que des crevures ceux-là … Les dépanneurs se sont ramenés peinards, dans une théière qui arborait des graffitis obscènes, du genre de ceux qui font chialer ta grand-mère. Pendant qu’ils intervenaient, j’ai avisé une sacrée chienne qui faisait son sort à une andouille, de la vraie dentelle. Y’a des jours où j’me dis que la barbaque se la coule douce … J’ai enfin pu repartir, allez ! Ciao le banana split !

Moins de deux minutes après, ça a été au tour du passage à girafes d’entrer en scène. Faut toujours que je me l’prenne ! Les barrières désespérément closes, voilà un lièvre qui rapplique sur son solex. Il se range à côté de moi, l’œil abruti, et ce p’tit branleur me fait une patte d’honneur, gratos ! Oh malheureux ! t’aurais jamais dû sortir de ton gîte aujourd’hui. Je sors de ma caisse, qui commençait entre nous à flairer la basse-cour, et je te choppe l’énergumène par ses oreilles stupides. Il faisait moins le cuistre quand je l’ai envoyé se faire voir chez les poiscailles … Non mais quelle tanche alors ! Y’a plus de jeunesse, j’vous jure …

Quand j’ai enfin pu repartir, le soleil était déjà repassé sous la lune, l’empêchant de bronzer comme d’habitude … J’avais bien perdu quelques volatiles dans la bagarre mais j’étais tout de même déterminé à satisfaire Hubert parce qu’Hubert, il est pas là pour s’astiquer la glotte. J’ai appuyé sur le campagnol tant que j’ai pu, j’ai traversé les faubourgs de Carthage à toute berzingue, sans passer par la case Gustave, et là … Paf ! le radar qui me flashe. La prune et la moutarde m’ont fait éternuer de rage. Je commençais sérieusement à être au bout du mégot …

Texte crée par Wladimir,

sous l’impulsion de Claudette et Jean-Michel et mise en images avec Pascal

 

Le lapin Joey par Poins Kevin

Le lapin Joey par Poins Kevin

Salut ! C’est moi, le lapin Joey ! Alors oui je sais j’m’appelle comme le mec un peu zinzin de la série Friends. Mais c’est faux ! C’est lui qui s’appelle comme moi !… Enfin bref, j’suis pas là pour ça. Je suis la pour vous raconter une histoire, mon histoire…

Alors que j’me baladais tranquillement sur mon vélo volant à turbo induction avec direction assistée, comme celui du film E.T., d’ailleurs ce film m’a tout copié ! Le coup du vélo volant, la créature extraterrestre qu’on cache dans la commode… D’ailleurs, mon vélo a pas besoin de magie d’extraterrestre pour voler, lui ! Il carbure à la banane. Enfin bref, j’suis pas là pour ça.

J’me baladais sur mon vélo volant en direction du parc pour jouer avec mes copains Looney et Toons, quand, tout à coup, PAF ! J’ai eu un accident ! Première fois que ça m’arrivait dis donc ! Et pas un accident comme Roger le poussin, qui est rentré dans une poule, non ! Le genre d’accident qui ferait faire une chute de 30m à James Bond ! Et qui l’aurait obligé à se relever pour pourchasser le méchant ! Sauf que moi, j’avais la jambe cassée. Et c’est Roger qui m’a aidé à me relever.

J’ai eu un accident avec Mme Nageoire, une poisson-oiseau un peu étourdi : « Oh, excusez-moi Joey, je ne vous avais pas vu, j’ai mon fils Nathan le singe qui s’est coincé la tête dans une banane ! ».

Enfin ça j’m’en foutais un peu. J’l’aimais bien Nathan, mais à choisir entre sa tête et ma patte, j’préférais ma patte.

« J’appelle Girafe kivoiloint ! » me dit Roger.

Ni une, ni deux, la voilà qui débarque et qui m’emmène à l’hôpital. Qu’est ce qu’elle est gentille Mme Kivoiloint ! C’est elle qui règle les soucis de circulation et les grands blessés de la route. Et autant vous dire que j’étais grandement blessé !

 Enfin, à l’hôpital, ils m’ont mis un plâtre et j’ai pu aller au parc dès le lendemain dessiner dessus avec mes amis !

Jeunesse, Le lapin Joey, Littérature, TER

Cirkpima et le bonhomme de neige

Cirkpima et le bonhomme de neige

par Laure Meneau

    Dans la forêt enchantée, l’automne avait fait place à l’hiver rigoureux. La neige tombait à gros flocons et il y régnait un silence pesant.

Cirkpima était ravi car l’hiver était sa saison préférée, mais il aurait souhaité avoir pleins d’amis pour partager sa passion avec lui. Ce qu’il aimait par dessus tout c’était fabriquer des bonhommes de neige. Il aimait rouler, rouler, rouler les boules de neige. Il s’appliquait ensuite à trouver tous les accessoires afin que chaque nouveau bonhomme de neige soit plus merveilleux que le précédent. D’abord deux beaux boutons pour les yeux puis trois plus petits pour le manteau. Ensuite une belle carotte pour le nez sans oublier quelques branches pour les cheveux. Enfin, il partait à la recherche de petits cailloux blancs et pointus pour les dents.

C’était compliqué de fabriquer un bonhomme de neige et personne ne s’en rendait vraiment compte. Mais une chose est sûr c’est que c’était bien plus amusant que de rentrer faire ses devoirs..Cirkpima se prenait souvent à rêver qu’il se transformait en bonhomme de neige. Il n’aurait plus jamais de devoirs et pourrait fabriquer des bonhommes de neige toute la journée.

Un jour, la fée de la forêt enchantée vînt trouver le petit Cirkpima et lui promis d’exhausser son souhait le plus cher car il avait donné vit à la forêt enchantée en fabriquant tous ces bonhommes de neige.Cirkpima lui demanda de le transformer en bonhomme de neige vivant et de donner vit à tous les autres bonhommes de neige, c’était son vœux le plus cher.
Alors la fée de la forêt enchantée lui demande de fabriquer le plus merveilleux bonhomme de neige qu’il ai jamais fait.

Cirkpima était fou de joie et trouva les plus beaux boutons, deux grands oranges, pour les yeux. Puis trois verts plus petits pour le manteau. Il couru chez lui chercher la plus belle carotte et le balai de la cuisine. Puis sur le chemin il trouva des cailloux bien blancs et bien pointus et de magnifiques branches dorées pour les cheveux.

Quand il termina son bonhomme de neige, c’était effectivement le plus beau de tous et la fée de la forêt enchantée tînt sa promesse et transforma Cirkpima en son bonhomme de neige et donna vit à tous les autres.

Et depuis ce jour, la forêt enchantée n’est plus du tout silencieuse, elle raisonne des cris et des rires de tous les bonhommes de neige qui continuent à s’amuser en fabriquant…

Je vous laisse deviner!

Texte crée par Laure en TER littérature de jeunesse sous l’impulsion de Claudette et Jean-Michel et mise en image avec Pascal.

 

Felix et l’escargot

Félix et l’escargot par Elodie Le Bellego

Laissez-moi vous raconter l’histoire de Felix, le poussin. Comme tous les poussins, Felix est jaune et petit. Pourtant, il ne se sent pas comme tous les autres poussins : il n’aime pas barboter pendant des heures, se prélasser au soleil ou dormir toute la journée. Ce qu’il aime lui, c’est la compétition. Sans cesse, il propose à ses frères et soeurs de faire la course ou de relever des défis. Malheureusement, ils n’acceptent jamais et préfèrent vaquer à leurs occupations initiales.
« Comme je m’ennui ! » répète Félix à longueur de journées.
Un jour, alors qu’il se creuse la tête afin de trouver une activité intéressante, il aperçoit quelque chose dans l’herbe. C’est un escargot. Il est très essoufflé et semble avoir très chaud.
« Que fais-tu ? » lui demande Félix
« Je m’entraine » répond l’escargot « car bientôt aura lieu la plus grande course d’escargot jamais organisée ! Un escargot de chaque famille doit concourir, mais hélas, je ne suis pas très rapide… Alors si je veux gagner, je dois encore m’entrainer ».
L’escargot reprend alors son exercice de plus belle.
Félix réfléchit. C’est l’occasion rêvée pour faire une compétition. Le problème c’est que Félix est un poussin, et que la course est seulement réservée aux escargots.
Lui vint alors une idée !
« Hé, l’escargot ! Peut-être as-tu besoin d’aide ? Nous pourrions préparer la course ensemble, je serais ton entraineur. »
« C’est une très bonne idée ! » répond l’escargot en reprenant son souffle.
« Rejoint moi ici à l’aube demain matin et nous commencerons l’entrainement. » dit Felix.
Le lendemain matin, avant même que son papa le coq ne chante le levé du jour, Felix attend l’escargot à l’endroit prévu. Il est près, il a tout planifié.
Son escargot allait la gagner cette course, il avait surement le meilleur entraineur de toute la basse-cour.
L’escargot arrive enfin et l’entrainement peut alors commencer.
Felix est consterné face à la lenteur de l’escargot. « Nous ne pourrons gagner cette course » pense t’il. Mais tout bien réfléchi, tous les escargots sont lent, tout n’est pas perdu !
L’entrainement continu jusqu’au soir et ce durant cinq jours.
Le jour de la course est arrivé. L’escargot est près. Les deux compères sont impatients à l’idée de réaliser cette course, et surtout de la gagner.
Plus que cinq minutes avant le départ. Félix donne à son ami ses derniers encouragements. « Tu peux le faire, j’en suis sûr ! Je sais que tu vas gagner. Je suis ton ami et j’ai confiance en toi ! ».
PAN ! Le bruit du départ retentit. C’est une course folle qui s’engage entre tous les escargots. Soutenu par les cris de son ami, l’escargot prend vite la tête de la course qu’il gagne haut la main.
Grâce à cette victoire, l’escargot est un modèle pour tous les petits escargots et depuis ce jour, Felix les entraine pour qu’un jour, eux aussi gagnent cette course.
Il a enfin trouvé une activité passionnante et est aujourd’hui le plus heureux de tous les poussins.

par Elodie Le Bellégo en TER de littérature de jeunesse sous l’impulsion de Claudette et Jean-Michel et mis en image avec Pascal

L’ami Champi

L’ami Champi  par Vincent Gwendoline

L’ami Champi

Dans la forêt vivait un champignon qui portait un chapeau blanc à pois noir. Un jour alors qu’il sautillait dans la forêt, il trouva une clé à la forme étrange sur son chemin, mais il n’y avait personne aux alentours et pas l’ombre d’une porte. Il décida de garder la clé précieusement jusqu’à ce que quelqu’un la réclame.

 Le lendemain alors qu’il empruntait le même chemin il aperçut une porte sur le tronc d’un arbre : « Elle n’était pourtant pas là la veille ! » se dit-il.

Il s’approcha de la porte et remarqua des inscriptions étranges sur la porte. L’une d’entre elles avait la forme de la clé qu’il avait trouvée. Il essaya de l’introduire dans la serrure et…

 comme par enchantement la porte s’ouvrit avec un son mélodieux. Intrigué, le champignon voulu voir ce qu’il y avait à l’intérieur. Il entra et se retrouva dans un monde bien différent de celui où il vivait.

 Il rencontra ce qui lui semblait être une personne et lui demanda où il était :

« – Mais dans la Gamme ! lui répondit-elle.

– Comment ça dans la Gamme ?! Je ne suis plus dans la forêt ? »

Le pauvre champignon ne comprenait plus rien, il lui expliqua comment il était arrivé là et lui montra la clé qu’il avait trouvée.

« – Tu as trouvé la clé de sol, lui dit-elle. Elle permet l’accès à notre monde.

  • Et en quoi ton monde est-il si différent du mien ? lui demanda-t-il.

  • Suis moi, je vais te montrer. En fait je m’appelle La. »

     Elle emmena le champignon voir sa famille, ils habitaient dans une maison bien étrange constituée de lignes qu’elle appelait portée. Chacun des membres de sa famille s’y agrippait à une place bien particulière et aucun échange de place n’était possible. Ils étaient une famille de sept, ses parents s’appelaient Do et Si. Elle était l’aîné puis venait son frère Sol, ses sœurs Fa et Mi et Ré le petit dernier. Elle expliqua au champignon qu’il n’existait que ces sept prénoms dans son monde, mais que ces prénoms pouvaient évoluer si la personne se comportait bien ou mal.

 Si elle se comportait bien elle était récompensée et élevée grâce à un dièse. Les dièses étaient des sortes de petites fées qui volaient à côté des personnes. C’était une famille un peu particulière à cause de leur façon de s’accrocher à leur portée, dans l’ordre on retrouvait : Fa, Do, Sol, Ré, La, Mi et Si.

 A l’inverse si une personne se comportait mal, un bémol venait se coller à elle, et elle s’abaissait. Les bémols étaient similaires aux dièses car ils altéraient une personne et avaient une façon toute aussi particulière que les dièses de s’accrocher à leur portée, mais ils s’accrochaient dans le sens inverse des dièses, on retrouvait donc dans l’ordre : Si, Mi, La, Ré, Sol, Do et Fa.

 La nuit commençait à tomber sur la Gamme. Le champignon décida de rentrer chez lui. La lui dit au revoir et lui demanda de lui remettre la clé de sol. Elle lui dit aussi que si il souhaitait revoir ce monde musical, il lui suffisait de jouer d’un instrument.

 C’est pourquoi en rentrant chez lui, le champignon se mit au saxophone. Il revit donc la famille de La aussi souvent qu’il le souhaitait.

 Texte crée par Gwendoline en ter littéraure de jeunesse sous l’impulsion de Claudette et Jean-Michel  et mise en images avec Pascal

TER – Littérature de jeunesse et Arts visuels

A la recherche du Cluk perdu… par Lucile Clochard

 Dans le jardin d’Adèle, les champignons sont grands comme des montagnes, les poules pondent par le dos et les poussins sont rois. Dans le jardin d’Adèle, les chats sont petits, tout petits, tout tout petits. Fluk et Flok vivaient dans une toute petite maison dans le jardin d’Adèle. Ce jour là, Flok avait perdu son Cluk, LE Cluk. Il le chercha partout : dans l’armoire à glace, dans la théière, sous la chaise de Monsieur Dupont…mais rien n’y fit ! Le Cluk avait bel et bien disparu !

Pendant ce temps, Fluk regardait le ciel.

Le soir venu, Mam’chat expliqua à Flok que le Cluk s’était peut-être enfui et qu’il faudrait aller le rechercher au-delà des murs de la maison : dans le jardin d’Adèle. Flok avait un peu peur de sortir mais, armé de tout son courage et accompagné de Fluk, il prit la décision de partir à la recherche du Cluk perdu.

Pendant ce temps, Fluk regardait le ciel.

Au petit matin, Fluk et Flok prirent la route chacun avec son Ça-cadeau. Ils n’avaient pas fait dix pas qu’une goutte grosse comme un lapin et d’une couleur brun clair tomba sur la tête de Flok. Il leva le nez et se retrouva nez à nez avec une énorme vache qui surplombait de sa taille gigantesque la maison chatiliale.

Pendant ce temps, Fluk regardait le ciel.

–        QUI ES-TU ? cria Flok à la vache.

Elle baissa la tête et regarda les deux chatons.

–        Jeuh suis la vacheuh à café. Jeuh mangeuh des grains de café et je fait du café au lait.

–        Oh, dit simplement Flok.

Ils passèrent donc leur chemin.

Pendant ce temps, Fluk regardait le ciel.

Quelques temps plus tard, la nuit vint. Flok prépara un feu et planta la Temps-te. Il commença à se dire que le jardin était vraiment grand et qu’il serait difficile de retrouver le Cluk.

Pendant ce temps, Fluk regardait le ciel.

Tout à coup, Fluk s’exclama :

–        Regarde ! La Grande Ourse ! Je ne l’avais jamais vu que dans les livres mais elle existe réellement !

Flok se tourna alors vers la Grande Ourse et lui demanda :

–        Ô Grande Ourse, pouvez-vous nous indiquer, si vous le savez, l’endroit où se trouve le Cluk, s’il vous plaît ?

Flok savait bien qu’il fallait toujours s’adresser respectueusement à la Grande Ourse. Elle répondit alors :

–        Là-bas, tu trouveras le Nord. Une banane y vit et te donnera de plus amples informations. Mais sache une chose : plus tu cherches le Cluk et moins tu le trouves.

Puis, elle s’éloigna dans la nuit.

Pendant ce temps, Fluk regardait le ciel.

Ils marchèrent des jours durant, traversant des montagnes de champignons qui jouaient du jazz au saxophone, des déserts de cubes arborant des lettres toutes plus colorées les unes que les autres, des mers de chocolat laissant échapper par moment des petits marshmallows…

Pendant ce temps, Fluk regardait le ciel.

Un matin, le ciel était d’une magnifique couleur arc-en-ciel, Flok aperçu deux bananes. Ces bananes semblaient banales et étaient posées au milieu de nombreux objets tous plus intéressants les uns que les autres que des personnages farfelus utilisaient : un appareil photo géant sur un trépied, un escargot de cours chevauché par un poussin, une girafe baby-sitter, une commode-lit… C’était les bananes ! Flok en était sûr ! Il se rua dessus, ouvrit une fenêtre et découvrit une chose merveilleuse…

Pendant ce temps, Fluk regardait le ciel.

Ce que Flok trouva dans la banane, seule votre imagination vous le dira. Cependant, je peux vous dire un secret. Fluk et Flok s’installèrent dans les bananes posées là et ne revinrent pas chez eux. Flok s’était fait plein d’amis et ne voulait plus partir. Quant à Fluk, il monta sur la plus haute banane, s’assit, et regarda le ciel.

Texte crée par Lucile, sous l’impulsion de Claudette et Jean-Michel en TER littérature de jeunesse et mise en images en arts visuels avec Pascal.

Atelier d’écriture poétique

Printemps des poètes.
En atelier d’écriture, des poèmes ont été rédigés dans la cadre de la dominante « Arts et lettres » par des étudiants et des formateurs. Les voici : savourez-les !

Bon dieu de bon dieu que j’ai envie d’écrire un petit poème

Pour mettre en fureur les gens graves graves graves

Ou ronds comme des barriques

Rois d’un jour ou d’une nuit

Tels des asphodèles en haillons

Tirées de leur charnier

D’où fusent des étincelles

L’amor que passa a la vora del mar

.

.

Une voix, une voix qui vient de si loin


D’entre les tombes, d’entre les morts*


Mots sécrétés, mâchonnés


Mots des peines perdues


Mots de milliers d’ancêtres


Mots en haillons d’argent


Asphodèles fanés sur un charnier fumant


Mots mots mots


Cataracte métallique d’un poème


Etincelles brûlantes d’une lumière éphémère


Sur une belle phrase creuse


Car onques puis n’en ai ouï parlé

.


Bon dieu de bon dieu que j’ai envie d’écrire un petit poème


queue d’chi


ça vient pas


en pan.


La Claudette est allée cloper


le vieux Bruegel carnavalise


et la Censuré fainéantise


Bon dieu de bon dieu


un p’tit poème, c’est pas sorcier


même la Morgann y est arrivée


Un tout p’tit poème japonais


Même un verset, un truc biblique


deux trois mots qu’on élucubrique


Merde,


j’ai renversé.


Bon dieu de bon dieu


Petit poème


tu vois où se trouve la poubelle?

.

.

J’ai toute une maison de mots


mais personne à qui les dire


Toute une maison entière


et personne ne l’habite


Je vais je pars je reviens


Les lofoten et la Barbade


Je parle à une pierre, un canard, un vieux chien


J’ai toute une maison de mots


mais personne à qui les dire


Les années tombent


les voix s’usent ou disparaissent


Il gèle


et le mandarinier n’a toujours rien donné


J’ai toute une maison de mots


mais personne à qui les dire


Alors je les mets en ordre


alignés comme un poème


et je les range au fond de moi


mais s’il s’agit de les dire fort


alors


alors


la voix s’étrangle

.

.


Tu m’as dit si tu m’écris


Ou tu m’écris si tu m’as dit


Qu’a-t-il dit, qu’à t il écrit ?


On ne s’est pas compris


Puis on se parlera


Là, tu m’écouteras


Et on partagera


Mais on ne se comprendra toujours pas


Je me suis retournée


Je ne t’ai pas parlé


Je ne t’ai pas écouté


Je n’ai rien dit


Je n’ai rien écrit


Je suis juste partie

.

.


J’ai toute une maison de mots


Des mots pour des poèmes


Des poèmes pour des mots


Des mots pour des échanges


Des échanges pour des rencontres


Des rencontres pour un partage


Et ce partage que permet-il ?


Nul ne le sait


Mais chacun choisira son voyage

.

.

Je préfère les mots simples,


Pas les mots trop beaux,


Les mots trop nouveaux.


Les petits mots tout bête,


Qui ne prennent pas la tête.


Les mots qu’on comprend facilement,


Sans réfléchir trop longtemps.


Pas les mots composés,


Les mots qu’on ne sait pas prononcer.


Les mots sans prétention,


Sont mes préférés en toute saison.

.

.

Une voix, une voix qui vient de si loin,


Il pleure dans mon cœur,


Au rappel de ce souvenir lointain.


Comme un poème depuis longtemps oublié,


Qui nous revient sans y penser.

.

.


Je préfère les mots simples


À ces mots de femme


Tonnerre ! Sourds ennemis…


Je préfère les mots simples.


Je ne vis pas l’Unique Autre


Glisser son billet doux


Et la faute, par sa bouche tue.


Je ne vis pas l’unique autre.


À ce moment, presque parfait !


À ce moment, il manquait…


…Quoi ?


Sourd, sourd,


Regardons ailleurs.


Là-bas, par la fenêtre.


Vraiment,


Je préfère les mots simples.

.

.

Prends ces mots dans tes mains et sens leurs pieds agiles


Prends ces mots dans tes mains et sens leurs pieds d’argile


J’ai toute une maison de mots.


Fragiles !


Construis, explore : les poèmes naissent donc pieds-nus ?

.

.

Mélancolie du soir


C’est le grand froid de la nuit, c’est le noir


Noir dans le gris du soir


Dehors, la lune ronde qui blanchit


Nous offre un Paradis


Qui balaie la nuit


Harmonie du soir.

.

.

Je vis assis


Voila, il est minuit


Dehors, la lune ronde qui blanchit


Elle est pleine


Toi tu es endormie


Comment faire pour ne pas avoir trop de peine


Cette nuit là je vis assis


Je vais t’écrire un poème.

.

.

Sécrétés, mâchonnés par des milliers d’ancêtres


Ils viennent de la Terre


Dévorés par beaucoup d’Hommes


Ils s’animent à différents rythmes


Vivant de l’inspiration d’un poète ou de matière organique


L’un aime être lu à tue-tête


L’autre avoir l’estomac bien remplis


Ils peuvent tous deux être à la fête


Sans doute peuvent-ils être touchés par la mélancolie


Leur rôle est majeur


Là pour que je te pleure


Ou bien traduire mon bonheur


Ils remettent ton corps à sa terre


Ou encore de belles paroles, puisses-tu être bénéficiaire


Alors, Grand-Mère,


Dis Merci aux vers.

.

.


Des ancêtres bruyants


Sécrétés, mâchonnés par des milliers d’ancêtres,



toutes ces complaintes émanant de tous les âges



n’ont de sens qu’au passage


de tous ces problèmes aussi futiles soient-ils, transperçant notre être.


Nos efforts sont piètres


lorsque l’on souhaite faire barrage


à toutes ces douleurs qui nous demande du courage.


Mais, attendons d’être nous-mêmes ancêtre avant de se complaire en de maintes plaintes.

.

.

Des mots et des lettres


Assis par terre au milieu de mots


je regarde, assis, s’écouler ce torrent de phrases.


Quelques lettres m’éclaboussent.


Assis au milieu de cette pluie d’encre,


je me laisse imprégner de l’écriture.


Je vis assis au milieu de ce tintamarre de mot et pourtant je me laisse aller à faire ce poème.

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Petite chose verte


Quelle est cette chose verte et molle?


Inventé par l’homme stressé et impatient,


A tous les goûts et couleurs satisfaisants,


Que l’on abandonne et que l’on colle.


Avant de s’en être débarrassé,


Il est retourné ça et là dans le néant,


Sécrétant de la salive d’aspect gluant,


Allant même créer des bulles l’été.


Ecoute-moi petit bonhomme !


Cette chose mâchonné à longueur de journée


Par nos milliers d’ancêtres les Pigmées


N’est autre que le chewingum !

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Entends-tu?


Entends-tu au loin cette voix?


Qui répète sans cesse des milliers de fois


« Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà, de ta jeunesse ? »


Cette voix s’élève, puis s’éloigne et s’affaisse.


Une voix, une voix qui vient de si loin


Ne vient-elle pas de son imaginaire lointain


Ancrée comme un poème effacé …

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M’écris-tu ?


Si, dis.

Tu cris me ?

Si tu cries ?


Si tu m’as cru


Tu m’as cuit !


Mais, dis-tu,


si tu m’écris,


Tu m’as dit.


Bon Bieu de Bon Dieu, que j’ai envie d’écrire un petit poème !

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Poème


Je t’avais dit, tu m’avais dit


Vivre plus loin.


La vie est-elle une chose ?


Rondeur et déca danse


Mars est-elle une fête ?


Dérouter le temps


Là-bas, ici bat


Ton cœur qui bat,


Et s’en allait


les poings


dans les poches


fermées,


crevées.


Vivre et sentir.


Humer,


Respirer,


Jouir d’en rire.

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C’est mon po, mon po, mon poème



Un peu bateau, pas sûre que t’aimes


C’est mon po, mon po, mon poème


Un vrai fardeau, rêvé bohème


C’est mon po, mon po, mon poème


Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence


C’était mon po, mon po, mon poème…

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Ivre mort (ou pas), mais mort quand même


Blanc comme un linge, qui le recouvre


Nu comme un ver, étendu sur le sol


Maigre comme un clou, qui ne tient plus debout


Il est là, comme si de rien n’était