DELATTRE Vincent M1 Groupe 1

Ô

Maison Perchée

Réalisation taille blog
 Maison perchée, 100% papier  Salle Arts-Visuels IUFM de Saint-Brieuc, 2 à 3 m, 2013
 

Cette production concerne les arts visuels relatifs aux volumes, abordés au TP n°3 du semestre 8. J’ai décidé d’aborder et de questionner les notions suivantes : VOLUME & ESPACE (Atelier 3).

Je l’ai réalisée en prenant en compte la contrainte suivante : « à partir de fils suspendus et de marques au sol, déployer des sculptures dans l’espace ».

Parmi les matériaux et outils proposés, j’ai choisi : du papier (bicolore), du fil de pêche. Et comme outils : une agrafeuse, une paire de ciseaux et un massicot.

… et un bras gauche.

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ARGUMENTATION

Ainsi, j’ai aussitôt été inspiré par le travail réalisé par Olivier Thuault que nous avions eu l’occasion de découvrir au travers de l’exposition TrucVille, lors du TP n°1, au Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement situé à Saint-Brieuc. [ http://caue22.fr/ ]

Je ne sais pas s’il est possible de dire « à la manière de », mais cela a été l’accroche pour débuter ce travail.

Là-haut & dessinJ’aimais beaucoup l’idée de la maison suspendue, peut-être un rêve de gosse (d’ailleurs je me rappelle en avoir fait le plan il y a 20 ans de cela) ; simplicité d’une construction minimaliste pour l’enfant, sans doute un calvaire pour les architectes partant de ce croquis : une petite maison en équilibre, en haut d’un pic.

Comment élever un bâtiment ? → « une maison qui s’envole », Là-haut (Up), long-métrage d’animation en images de synthèse des studios Pixar, 2009.

Pour ce faire, j’ai utilisé deux méthodes :

Pour la maisonnette :

L’origami, (de oru, plier, et de kami, papier) est le nom japonais de l’art du pliage du papier.

L’origami feuille, est en général de forme carrée (mais ce n’est pas toujours le cas), il n’y a ni découpe, ni collage ; seulement une succession de plis permettant la construction du modèle final. À partir de ces plis élémentaires, il est possible de concevoir des figures simples (bateau, oiseau…) voire complexes (Tour Eiffel…).

C’est de cette manière que j’ai pu mettre en volume la maison sans découper ni coller quoi que ce soit. Je suis parti d’une feuille carrée de papier dessin (50×50 cm) sur laquelle j’ai superposé une feuille violette de papier fin de même dimension. Cette dernière étant légèrement transparente, cela donne un effet violacé entre le blanc et le violet. Ainsi j’avais une base de travail bicolore, me permettant d’avoir des éléments de couleurs distinctes, pour mieux les démarquer.

Puis j’ai suivi, comme un programme de construction en mathématiques, les 51 étapes du pliage.

[cf. http://www.youtube.com/watch?v=VqqScljYVjw ]

L’ensemble des 51 plis, en forme de vallée ou de montagne, ont suffi à maintenir les deux feuilles entre-elles jusqu’à l’obtention d’une maison origami.

Pour le monticule :

C’est une guirlande en papier composée de deux bandes. Celles-ci sont repliées successivement l’une sur l’autre afin d’obtenir une sorte d’accordéon. Au total, ce sont deux bandes de 6 m de long (8 bandelettes reliées par des agrafes) qui ont été assemblées de cette façon, elles forment une sorte de ressort ayant une élasticité maximale de 2 m. La particularité réside dans le fait que les extrémités n’ont pas le même format, afin de donner à la colonne (le monticule) une forme de pic. Ainsi le format de la bande de départ était de 8 cm de largeur, dégressive jusqu’à obtenir des bandes de 1 cm de largeur.

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Pour l’assemblage :

Enfin pour relier l’ensemble, j’ai punaisé au plancher (marquage au sol) la base « large » du monticule ; l’extrémité la plus étroite étant tenue à la maisonnette par une baguette en bois elle-même logée à l’intérieur de celle-ci. L’ensemble « flottant » dans l’espace, cette impression est rendue grâce à l’utilisation de fil de pêche transparent joignant la maison d’une part (par des attaches parisiennes) et le plafond d’autre part (par un crochet).

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…… des RÉFÉRENCES ……

Différents artistes travaillent ces notions de volume et d’espace, des formes et de la hauteur :

Bernard TSCHUMI (1944 à nos jours)

TschumiParc de la Villette, Paris, France, Exterior perspectives, sketch, 1983. Réalisé en 1998.

 

La Roche-sur-Yon, France, Bridge, architect, 2007. Réalisé en 2010.

Les Folies : Au nombre de 26, elles sont toutes conçues sur la base d’un cube de 10,80 mètres de côté et disposées selon une trame régulière de 120 mètres x 120 mètres. Chacune d’elle est cependant unique de forme et de fonction. « elles viennent de la façon la plus contemporaine, à la fois rythmer le parc, comme un leitmotiv architectural et l’égayer de leur vive couleur rouge, contrepoint harmonieux à la verdure des arbres et des prairies ». En lien avec la maisonnette issue d’une simple forme carrée.

Bridge : Une passerelle conçue avec Hugh Dutton Associés au-dessus des voies du TGV à la Roche-sur-Yon. Sa structure cylindrique horizontale, faite d’entrelacs métalliques, est conçue pour exprimer les charges et contraintes tout en créant une image originale et contemporaine pour une ville à l’heure de l’arrivée du TGV. En lien  avec la colonne de papier, verticale, faite également d’entrelacs et reliant 2 extrémités. [ http://www.tschumi.com/projects/featured/ ]

Tadashi KAWAMATA (1953 à nos jours)

kawa

Collective Folie, Parc de la Villette, Paris, France, prévue entre avril et août 2013.

Dialogue entre art et architecture, Collective Folie est une tour en bois de 21 m, imaginée pour l’un des plus grands parcs de Paris par l’artiste plasticien japonais Tadashi Kawamata.

C’est une sorte de Mikado géant. Elle prendra forme par le processus d’accumulations, dans le partage d’idées et d’efforts avec l’artiste, pour assembler les pièces de bois, matériau naturel, recyclable ou recyclé, que Tadashi Kawamata affectionne. L’habillage puis la déconstruction de cette tour éphémère se feront collectivement, par des étudiants sensibilisés part son travail ; une tour « à vivre ». En lien avec cette maquette, en papier, avec pour sommet une maisonnette « à vivre« . [ http://www.tk-onthetable.com/ ]

Constantin BRANCUSI (1876 – 1957)

2053371970_1db6ce2c71Colonne sans fin, colonne de l’infini,  en fonte, Parcul Coloana Infinitului, Târgu Jiu, Roumanie

1937.

Brâncuși est un sculpteur roumain. Il suit systématiquement les principes fondamentaux de la forme, la dégageant des aspects éphémères.

Les ouvrages qu’il réalise expriment l’esprit primordial et la mystérieuse poésie de la forme purifiée : « l’essence des choses » ; il réussit à annuler les effets de la gravitation en dématérialisant les volumes.

La colonne sans fin fait 29,33 mètres de haut et est composée de 17 modules en forme de losange fait de modules en fonte.  En lien avec ma tour « sans fin », on y retrouve les formes issues du pliage.

[ http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-brancusi/ENS-brancusi.htm ]

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TRANSPOSITIONS Didactiques

Quelques notions pouvant être mises en tension et abordées :

Du plan au volume –     Du plan à la maquette, au réel –     Du pliage à la forme

–     Du visible et de l‘invisible –     Coller ou emboîter

Réel et illusoire –     Flottant et fixe –     Patron et volume –     Esthétisme et fonctionnalité

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Transversalité :

Mathématiques : patrons et volumes : un pont peut se faire avec les figures géométriques dans l’espace abordées en mathématiques. Il est possible d’introduire les notions de PAVÉ DROIT (les murs de la maison), de PRISME (le toit), de CUBE (éventuellement la cheminée). Également la possibilité de travailler sur les patrons de ces figures géométriques.

Histoire des arts : film d’animation, éventuellement les trucages possibles qui donnent « l’impression de ».

Art visuel : favoriser l’expression et la création ainsi que conduire à l’acquisition de savoirs et de techniques spécifiques tels que : Des opérations plastiques (pliage, etc.), des compositions plastiques et connaissances des œuvres en références.

Cette réalisation « Maison perchée » concerne plusieurs grands domaines à savoir : les arts plastiques (dessin, volume, couleur…), le cinéma (film Là-Haut), la photographie (de la réalisation par exemple), le patrimoine (un penty breton), l’architecture, le design, les arts du goût de chacun.

ET NE PAS OUBLIER : Dans l’ensemble des projets artistiques, il faut préparer l’élève à être un futur spectateur, plus qu’un acteur, même s’il peut le devenir. Instaurer la notion de plaisir qui va ensuite tendre vers le désir de créer.

.Pour ce faire, il est intéressant de mettre en place des parcours afin de donner l’occasion d’échanger, de rencontrer, de découvrir

 

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ANCRAGE Pédagogique

– Pour du cycle 3

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→ 1 démarche – 3 axes ←

La pratique (faire) qui donne lieu à des pratiques individuelles ou collectives, d’expérimentation. Se confronter à des matériaux, des supports, les combiner, expérimenter des techniques, les exploiter, inventer des procédés.

La dimension culturelle (regarder), qui permet la rencontre avec les œuvres, les artistes ou intervenants culturels, l’approche de la démarche de création. Connaître des œuvres d’art, comparer ses propres découvertes et procédés avec ceux des artistes.

Le donner à voir (évaluer), afin de se donner des critères d’appréciation des réalisations, les valoriser, les exposer.

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Objectif(s) : Passer du plan au volume, le construire, avec une visée artistique.

On pourrait concevoir une séquence de 6 séances, prenant en compte la démarche d’investigation. Parmi elles, il conviendrait de prévoir davantage de temps concernant celles qui placent l’élève dans une situation de création*.

1) Sollicitation des élèves : à partir d’une situation de départ, intéressement, à partir du film Là-haut de Pixar par exemple.

2) Réalisations des élèves : phase d’exploration : suite à un ensemble de propositions relatives à la situation, elles sont ensuite affichées et analysées par l’ensemble de la classe (phase importante de verbalisation et d’échanges). Elles peuvent être classées suivant les trouvailles de chacun.

3) Mise en relation et en confrontation : avec plusieurs œuvres d’art répondant au même procédé que leur réalisations. Pour que l’élève, puisse comprendre que le travail de l’artiste correspond à des situations problèmes que lui-même vient d’expérimenter.

Exemple : Volume et espace, en hauteur : les Folies de Brancusi renvoient à un travail sur les volumes dans l’espace. Les œuvres peuvent servir de relance vers une nouvelle séance, par exemple dans cette situation : Kawamata, Brancusi ou Tschumi permettent d’approfondir certaines notions mises en tension (ex : du plan à la maquette au réel).

4) Approfondissement : mise en place d’exercices avec contraintes, afin d’améliorer un procédé découvert. Il est alors possible de remédier à un éventuel échec en utilisant un procédé emprunté à un artiste ou à un camarade.

5) Réalisation personnelle : réinvestissement personnel d’un ou plusieurs procédés rencontrés. Au fil des différentes phases, l’élève a pu se confronter à la fois à des techniques, à ses découvertes, à celles des autres élèves de la classe et aussi aux réponses proposées par différents artistes. Il peut alors proposer, par rapport au thème choisi, une production personnelle.

6) Restitution finale : Elle sera ensuite exposée avec l’ensemble des réalisations de la classe pour valoriser leurs créations. Pourquoi ne pas imaginer une ville dans laquelle figureraient tous ces volumes tenus dans l’espace si cela leur convient.

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*Je m’intéresse ici à ce que pourraient être les quatrième et cinquième séance : « réalisation personnelle, en ayant recours à certaines techniques ».

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SÉANCES 4 & 5

Ces séances sont imaginables en classe, (ou en salle d’art plastique, si les élèves disposent d’une école ayant un espace dédié à leur créativité).

Les matériaux sont peu onéreux et les outils disponibles dans toutes écoles. Ils peuvent aisément être mis à disposition des enfants. Ou bien travailler à partir de matériaux de récupération.

Sans utiliser nécessairement le principe de l’origami, il est possible de faire appel aux patrons vus en mathématiques au cycle 3.

Contraintes :

Matérielles : Paire de ciseaux, agrafeuse et 5 agrafes maximum.

Matériaux : Utiliser des matériaux de récupération qui ne sont pas déjà assemblés avec de la colle : cartons, calendriers, feuilles, ficelle, etc.

Consigne : « Proposer des assemblages permettant d’obtenir des volumes, tout en essayant de les placer dans l’espace ; Déployer une sculpture dans l’espace à l’aide des matériaux à disposition, autrement qu’avec le collage ». Actions relatives à « Composer et assembler » :

• Associer : rapprocher, juxtaposer, imbriquer, superposer, relier, plier, assembler…

• Partager et répartir l’espace (en 2 ou 3 dimensions)

• Répéter, alterner…positionner horizontalement, verticalement, en spirale, quinconce…

Temps : 2 séances de 50 minutes.

Critère d’achèvement et de réussite : on peut considérer que la production est recevable lorsqu’elle répond aux contraintes. Les élèves pourront s’exprimer quant à leur création. Cette production peut être présentée en explicitant les choix et les procédés choisis en fonction de la réalisation souhaitée.

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NB

– Je remercie mon cher frère pour m’avoir aidé à monter cette petite maison jusqu’au plafond –

Autorisation pour le superblog

2 réflexions sur « DELATTRE Vincent M1 Groupe 1 »

  1. Je n’en reviens toujours pas du résultat! Il fallait vraiment que je laisse un commentaire sur ton article après avoir passé la journée à feuilleter le blog! Chapeau l’artiste! C’est vraiment top!

  2. Et après cela, tu te demandes encore si tu es fait pour l’enseignement ? En tout cas en arts visuels, je te le confirme avec un grand OUI !
    Investissement exemplaire et qualités plastiques et artistiques remarquables, y compris au sein de cellulart.
    BRAVO
    Pascal BERTRAND

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