OVNI Objet Valorisé Naturellement de l’Intérieur

Marie-José Morice, Master 1, groupe 1

Titre : OVNI, Objet Valorisé Naturellement de l’Intérieur…

Objet_Valorisé_naturellement de l'intérieur

Technique :

Tambour de machine à laver mis en lumière de l’intérieur.

Plaque d’aluminium : épaisseur :1 mm, largeur : 80 cm, longueur 100 cm.

Peinture vitrail

Tambour de machine à laver en inox, et batteur électrique industriel transformé en lampe à l’intérieur du tambour.

Sujet :

Dans le cadre des réalisations plastiques à produire en Arts Visuels, l’un des TP avait pour objectif de choisir un objet, de le représenter en renforçant les articulations avec l’objet lui-même tout en le rendant présent dans la production finale. Libre choix des supports et des objets.

J’ai donc choisi de représenter un objet de la vie quotidienne, et de le mettre en valeur, de l’intérieur,

de le représenter avec des traits de peinture et des traits lumineux et de travailler la notion

« Le sujet c’est l’objet » par la projection de la lumière de l’objet sur l’aluminium, mêlant ainsi la notion de représentation et de projection…

Processus et description :

J’aime récupérer des objets, les démonter, les détourner, les mettre en valeur en dehors de leur contexte et de leur fonction première, tout en laissant libre-cour à l’imagination et au second degré, pour leur donner une autre utilité qui peut être totalement futile.

J’aime aussi jouer avec la lumière parce qu’elle modifie la perception que l’on peut avoir de ce qu’elle irradie, parce qu’elle est un instant, et elle est sensible au moindre mouvement, à la moindre variation.

Ici le choix s’est donc porté sur la mise en valeur d’un objet quotidien, usuel, le tambour d’une machine à laver et de jouer avec sa matière, sa forme, ses espaces vides.

En inox, à l’intérieur et à l’extérieur, il permet les reflets ; la trappe d’accès initialement destinée au linge, a été le « nid » d’une lampe fabriquée avec un batteur à œufs industriel, créant des effets supplémentaires ; la forme cylindrique, propice aux convergences lumineuses et les trous, espaces vides, ont permis de laisser passer des rayons lumineux intéressants vers l’extérieur.

J’ai donc posé par terre dans le noir le tambour illuminé de l’intérieur et ai placé à ses côtés une plaque en aluminium qui permettait de créer un effet miroir. Les rayons lumineux passant à travers les trous du tambour venaient se poser sur la plaque, je les ai « capturé » au pinceau avec de la peinture à vitrail jaune, couleur s’approchant de la réalité des effets produits.

Mais la main, passant entre le tambour éclairé et la plaque sur laquelle venaient se poser les rayons lumineux, créait une ombre, qui cachait le rai lumineux. Les traces de peinture sur la plaque sont donc les « souvenirs » ou « traces » de la lumière que mes yeux ont vus avant le passage de ma main… la perception rétinienne faisant son travail… et  la plaque se gondolant légèrement provoquait des effets de déformations du trait.

L’ensemble de ces traces reportées est un écho de l’objet premier, en aplat. Les espaces vides permettant de mettre en valeur de l’intérieur, le tout. « Représenté » ou « re-présenté », sur la plaque d’aluminium, le tambour est « méconnaissable » mais on peut deviner une impression de volume créée par la disposition des traces de peintures, ces traces ont également une forme solaire.

J’ai choisi ici de photographier le tambour allumé près de la plaque d’aluminium, afin de mettre en valeur le décalage entre l’objet et la projection de lumière qu’il produit. Permettant d’accentuer le contrepoint de ce qui était vu de l’intérieur et ce qui l’est de l’extérieur.

Oeuvres en résonnance :

Entre le travail des impressionnistes qui tentaient de figer l’instant ou la trace en mouvement de la lumière, les cubistes qui se jouaient des représentations à plusieurs champ contre-champ, les sténopés déformants et les ready-made de Marcel Duchamp, il n’y a qu’un grand pas…

La première démarche a été proche de celle de Marcel Duchamp et ses ready-made, démarche qui consiste à choisir un objet existant sans valeur esthétique et à le désigner comme œuvre d’art. Ici La Fontaine de Marcel Duchamp en 1917 est un objet usuel retourné, source : http://www.clg-javelly.ac-aix-marseille.fr/spip/spip.php?article54&id_document=51 Marcel-Duchamp-Fontaine-1917

L’objet n’est pas fabriqué par l’artiste il est détourné, décontextualisé, et nommé œuvre d’art, signé. Il est également une interrogation sur la notion même d’art et d’oeuvre, un déplacement, un décalage, interrogation encore très présente dans l’art contemporain. Le choix du titre s’est fait également dans la veine de ce que Marcel Duchamp a pu produire, jeux de mots et détournements du second degré : OVNI, Objet Valorisé Naturellement de l’Intérieur…

Ensuite,représenter cet objet aurait pu être, comme l’a fait Marcel Duchamp avec la Fontaine, une photographie, puisque la photographie de l’objet devenait aussi œuvre d’art ; mais j’ai voulu jouer avec une représentation de l’objet de l’intérieur, comme l’ont fait les cubistes d’où l’idée d’une projection de l’objet sur lui-même avec les reflets créés à l’intérieur du tambour. Ici à gauche, Le verre d’Absinthe de Pablo Picasso

Picasso, Verre d absinthe

Puis, en extraire de l’intérieur, de la lumière, par les vides. Figer les instants sur un support, comme l’ont fait les impressionnistes, avec cette recherche formelle de la « captation » du mouvement lumineux, de l’instant, des touches de peintures alors que la lumière est toujours en perpétuel changement. Ici la lumière à droite, vient de l’extérieur et irradie l’objet représenté, la cathédrale. La représentation de la cathédrale devient lumière, il n’y a plus de distinction entre l’objet représenté et la source lumineuse qui l’illumine. 180px-Claude_Monet_-_Rouen_Cathedral,_Facade_(Sunset)

Et enfin un lien avec la photographie, par le choix technique de la plaque d’aluminium et son effet miroir, ici qui réfléchit tout en déformant, en contrepoint et en complémentarité de ce que fait François Vogel, artiste contemporain, passionné de sténopés et d’anamorphoses. L’anamorphose dans OVNI est produite par l’objet éclairé et par le support sur lequel il est projeté, contrairement à celle de François Vogel qui est produite par la déformation du papier qui reçoit la lumière. Ici, un exemple de ses réalisations conçues à partir d’appareils qu’il conçoit et qui l’inspirent également pour introduire le principe d’anamorphose dans ses courts-métrages, extrait d’une de ses œuvres dans « Nouveau traité du sténopé, Éditions Éoliennes, 2011. Francois_Vogel_02(2)

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