Hybridation – Image réelle

BOLUSSET Célia _ Dossier M1 (s1- 2014-2015) _ Situation de pratiques_ Atelier Numérique de Pascal Bertrand

http://python.espe-bretagne.fr/blog-plc1-arts-plastiques/wp-content//Hybridation_-Image-réelle.pdf

La figure hybride est une question apparut depuis longtemps dans de nombreuses cultures telles que la mythologie grecque ou égyptienne, de même qu’au niveau des peuples asiatiques et amérindiens. Il faut néanmoins replacer l’hybride dans son espace symbolique et non en tant que processus artistique. Il représente un symbole qui porte généralement une signification d’accouplement, de croisement, ou d’association d’éléments de natures différentes.

Sur le plan plastique l’hybride est traité stylistiquement et possède une certaine uniformité. Le statut de l’hybride a évolué en intégrant des formes de nature hétéroclite, plastiquement il s’inscrit dans un processus d’imitation ou d’emprunt, de combination, de mélange, ce qui implique de nouvelles relations entre composition, forme et figure. L’hybridation est en ce sens un processus.

L’art hybride est alors assimilé comme un art convoquant le croisement de plusieurs formes et invoquant de nouvelles formes nécessairement extraordinaire, l’hybridation relève du fantastique (du latin « phantasticus », qui est lui-même issu du grec « phantastikos » et qui signifie « irréel », « imaginaire »). Ainsi l’hybride est également apparenté au caractère du monstrueux qui introduit une communication entre la figure et la forme.

L’hybridation dans l’art peut prendre différentes formes, à travers les procédés et les sujets de représentation, la liste étant inexhaustible seules les grandes lignes pourront être cité. La peinture est généralement un moyen de représenter des figures hybrides, notamment en représentant les monstres mythologiques antiques par exemple, je pense éventuellement au travail remarquable de Roberto Ferri. Cependant, la technique de la peinture a pu faire l’objet de l’hybridation : mêler deux styles différents, deux techniques différentes, deux « touches » différentes est un processus d’hybridation. Les frères Chapman en peignant sur des aquarelles réalisées par Hitler procèdent à une hybridation. Il est intéressant de remarquer que leur geste artistique est ici particulièrement outrageux ; il faut savoir pour entendre la justesse du propos, que le terme hybridation a pour étymologie grecque le mot hubris qui signifie « excès », qui dépasse la mesure, les normes. De nos jours, la sculpture et l’hybridation entretiennent une relation quasi-intrinsèque, les matériaux aussi divers que variés se mélangent pour créer des figures nouvelles aux formes surprenantes et ce en hybridant la matière, son essence et parfois sa référence. Quelques artistes ont une pratique hybride où plusieurs techniques sont indissociables entre elles dans le processus de création, ce qui prend souvent des traits inconnus et peut déboucher sur des représentations monstrueuses ou des formes mutantes. Bref, que ce soit à travers une ou plusieurs techniques artistiques, l’hybridation peut être le sujet et/ou le processus de création de l’œuvre, en ce sens l’hybride peut être individuellement ou simultanément la réponse à « quoi ? » et la réponse à « comment ? ».

L’hybridation ou la figure de l »hybride est généralement associé à la question du corps. Interrogation ancrée dans les différentes cultures ainsi que la nôtre, notamment dans la notion du corps de plus en plus attaché à la technologie. Les prothèses, les greffes envahissent le corps et interrogent la relation que nous entretenons avec lui. Les facultés de l’hybridation s’accroissent, s’étendent et se généralisent. Ce qui peut désormais remettre en cause la réalité, la perturber et peut mener à un renversement s’apparentant au fictif.

 

Laisser un commentaire