LEMONNIER PIERRE

Travail sur le masque

« Cacher c’est montrer »

La ressemblance s’inscrit traditionnellement dans le désir mimétique de représentation du réel. La vraisemblance est la logique du réel. Ces deux notions n’ont pas de sens pour l’art. L’oeuvre, dans son autoréférenciation, constitue sa propre logique. Elle est sa propre représentation, sa propre vraisemblance. Remettre en cause sa vraisemblance ou sa ressemblance à tel ou telle chose revient à nier sa propre existence.

La signalétique détournée par mes soins est à l’image de cette négation de l’individualité. Obéis, oublie-toi dans la fête pour oublier ta vie dans la consommation et le travail. Echange ta vie contre les divertissement de la grande fête que l’on daigne t’offrir. Porte un masque pour faire parti du bien.

Blaise PASCAL s’insurgeait contre le divertissement. Guy DEBORD a donnée le nom de « société du spectacle » à cette entité qui transforme l’indivivdu en simple fonction dans l’équation.

Même BANSKY déplore sa progressive insitutionnalisation. Puisque le système s’emploie à détruire la contre-culture, détournons les aliénantes signalétiques de la machine pour en faire autre chose.

Masquer c’est démasquer, cacher c’est montrer – Estampe : Autoportrait / Disparition – Objet « Je »/ »Jeu », transmission / présentation – MARGUERITE RENAULT – EVE CALLENCE

LEMONNIER Pierre estampe linogravure rhodoïd-AUTOPORTRAIT

Se représenter soi-même, l’art de l’autoportrait, sous-genre de l’histoire de l’art des images les plus traditionnel parmi toutes les traditions, implique nécessairement la question de la ressemblance. Mais cette question est une erreur, car le simple désir mimétique relève de l’art d’agrément. L’art ne se soumet pas à la logique du réel, car la logique du réel ne se soumet pas à l’art.

Contre pouvoir de la morale et l’état, l’art est l’ensemble du processus de création, ajouté à l’objet en résultant (tangible ou non), donnant à voir la vision du monde non déformé de son ou ses instigateurs. Ainsi Proust l’affirme dans « contre sainte Beuve » et ainsi je l’affirme :

« L’ensemble du processus de création », c’est l’histoire personnelle de chaque individu. « L’objet qui en résulte », c’est l’individu lui-même. « Donnant à voir sa vision du monde non déformé », c’est la volonté de l’individu de donner à voir sa force de vie à soi-même, àses congénères et au monde matériel. C’est son oeuvre. L’intégralité de tous ces aspects s’ajoute pour former l’autoportrait le plus manifeste qui soit.

Ce que je présente, c’est une partie de moi. Mon visage n’existe plus, seul subsiste mon regard. Les gens ne sont plus que des images dans un écran. Ma matrice, l’outil me permettant de donner ç voir ma force de vie, produit une multitude de parties de moi. Chacune d’entre elles nous apparaît de façon fragmentée, effacée. La vision de cet ensemble manifeste ma vision du monde.

Alizée Lannuzel, Léana Pousanoff, Virginie Leray et Amélie Thomas

I – Cacher c’est montrer, masquer c’est démasquer

Vidéo disponible grâce au lien suivant avec le mot de passe « masque » : https://vimeo.com/46783318

II – Estampe, cyanotype

III – Objet je, objet jeu, objet présentation, objet représentation